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Actualités of Tuesday, 2 November 2021

Source: www.camerounweb.com

NOSO : l’enfer indescriptible des habitants de Bamenda

Image illustrative Image illustrative


• Depuis 2016 un conflit armé secoue le NOSO

• Les populations sont obligées de fuir les zones où se déroulent les batailles

• Certaines personnes sont devenues des déplacés dans leur propre ville


Depuis 2016, une crise qui déchire le Cameroun anglophone. Après tant d’années, le conflit s’enlise davantage dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest où, malgré les tentatives de médiation, l’on observe une recrudescence de la violence. Les populations de ces régions sont prises en étaux. Elles payent le lourd tribut. Depuis l’avènement du conflit armé, leur quotidien est bouleversé. Elles sont devenues des déplacés dans leur propre pays. Un reportage de Rfi nous édifie davantage sur l’enfer que vivent ces populations qui subissent non seulement l’indifférence de Yaoundé mais aussi la cruauté des combattants séparatistes.

Dans son élément, Rfi met en lumière le quotidien des habitants des quartiers sud de Bamenda, capitale de la région anglophone du Nord-Ouest. Il relève que les populations de ces zones quittent des logements confortables pour des appartements plus petits et plus chers dans le quartier administratif d’Up Station. Ce quartier est sécurisé par les forces de police et militaires, car les administrations s'y trouvent, notamment le gouvernorat.
La situation de ses familles est peu enviable. Elles sont obligées de changer radicalement leur mode de vie, afin de pouvoir survivre aux balles assassines des militaires camerounais et des Ambazoniens.



Récit de quelques familles


Francis Nandoh, sa femme et leurs cinq enfants vivent depuis deux ans dans un studio à Up Station. Avant, pourtant, ils avaient une maison confortable à Naka-ah sur la grande route qui relie Bamenda à Batibo. « C'est là que j'ai fini de construire ma maison en 2016, pile au début de la crise anglophone. Les affrontements entre militaires et séparatistes étaient constants et nous mettaient en danger. Entendre les tirs constamment était traumatisant. À proximité, des maisons étaient incendiées. Nous nous sommes dits "un jour, ce sera nous qui serons brûlés avec notre maison". » C'est pour ces mêmes raisons que Jack et sa famille ont quitté le lieu-dit Behind Che pour rejoindre le quartier administratif. « On ne pouvait pas rester dans notre maison. Il y avait tout le temps des tirs, on a même été menacés par des gens qu'on ne connaissait pas. On paye maintenant un appartement de deux chambres 50 000 francs CFA, c'est bien plus que ce qu'on payait avant, en banlieue, dans un logement plus grand. Ça pèse sur le budget de la famille. Dans la même situation, Sonita est nostalgique de sa vie au quartier Mile 90. « J'adorerais y retourner, mais quand je parle à mes voisins d'avant, ils me disent que les fusillades continuent et que la vie est toujours difficile là-bas... mais j'aimerais pouvoir y retourner. »

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