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Actualités of Thursday, 2 December 2021

Source: Le Jour

NOSO: chaque mois, un enfant meurt sous les balles

Les décès de jeunes âgés de 0 à 18 ans sont devenus très fréquents Les décès de jeunes âgés de 0 à 18 ans sont devenus très fréquents

Les décès de jeunes âgés de 0 à 18 ans sont devenus très fréquents. La semaine dernière, quatre adolescents sont morts à Ekondo Titi au cours d’une attaque armée.

Ce mercredi 24 novembre 2021, la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest a encore plongé le pays dans la tristesse. Une attaque armée survenue dans un établissement scolaire de la ville d’Ekondo Titi dans la région du Sud-Ouest. Au cours de cette attaque armée perpétrée par des hommes non identifiés, trois élèves et une enseignante sont décédés. Emmanuel Orume 12 ans, Jocelyne Iken 16 ans et Emmanuel Koum 17 ans, sont les trois élèves morts au cours de l’attaque qui a coûté aussi la vie à une enseignante, Song Célestine Fien.

Un autre élève touché pendant l’attaque a succombé à ses blessures quelques heures après. Pour l’instant, le bilan officiel de l’attaque survenue à Ekondo Titi est de cinq morts. Cette tuerie survient deux semaines après la mort d’une jeune écolière dans le Nord-Ouest. Le 12 novembre 2021 à Bamenda, Tataw Brenda, écolière âgée de sept ans a été atteinte par une balle alors qu’elle rentrait des classes. La jeune fille est morte alors qu’elle rentrait des classes. Elle a été atteinte par un coup de feu tiré par un policier qui visait un conducteur de taxi. D’après les responsables de la police celui-ci a refusé de se soumettre au contrôle. Un autre drame similaire est survenu un mois plus tôt dans la ville de Buéa.

Le 14 Octobre 2021, Caroline Ndialle, écolière de six ans a été tuée accidentellement après avoir été touchée par une balle d’un gendarme dans la ville de Buéa. La victime était en route pour l’école lorsque le véhicule dans lequel elle se trouvait a été transpercé par les balles. Le gendarme auteur du coup de feu a été pris à partie et lynché par une foule en furie. Le 24 octobre 2020 à Kumba dans le Sud-Ouest, sept élèves de la Mothers Francisca school ont été tués par un groupe d’hommes armés.

Le 20 mai à Muyuka 2020 dans la région du Sud-Ouest, un bébé de quatre mois, la petite Martha, avait été tuée par balle au domicile de ses parents par des hommes armés. Du côté de l’armée comme du côté des séparatistes, chaque camp accuse l’autre d’avoir provoqué le décès de la jeune Martha. Dans sa livraison de ce 29 novembre 2021, le journal d’expression anglaise The Guardian Post informe, à la une de son édition, qu’un militaire a tiré sur un jeune enfant de 13 ans dans la localité de Nwa département du Donga Mantung.

Un bilan lourd mais non officiel

Depuis 2016, date du début de la crise socio-politique dans les régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest, les communautés nationale et internationale, ne cessent de s’inquiéter des nombreuses violations du droit à la vie dont de nombreux enfants sont victimes. Après les évènements enregistrés en 2020 à Kumba, Henrietta Fore, la directrice générale de l’Unicef a incité les autorités camerounaises à tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des enfants ainsi que celle des établissements scolaires. Après le drame d’Ekondo Titi, les responsables de l’Unicef se disent très choqués de ces multiples violations des droits de l’enfant qui ne cessent de s’alourdir au fil des jours.

Les chiffres officiels sur le nombre d’enfants déjà décédés sont inexistants du côté de l’Unicef, de l’organisme onusien Ocha, à la Commission nationale des droits de l’homme du Cameroun, au ministère de la défense ainsi que la direction de la protection de l’enfance du ministère de la Promotion de la femme et de la famille selon les observateurs des droits de l’homme Le 26 novembre 2021, les députés européens réunis à Strasbourg se sont prononcés sur la crise anglophone notamment les conséquences sur les droits des enfants.

Dans le rapport publié par les parlementaires, il ressort que le conflit a eu un impact disproportionné sur les enfants, avec 700.000 élèves ayant été privés de leur droit à l’éducation en raison d’un boycott forcé des écoles à travers les régions anglophones. Plusieurs centaines d’enseignants et des élèves ont été attaqués, kidnappés, menacés et tués dans les deux régions en conflit. Les députés condamnent les multiples violations de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui dispose en son article 6 que : « Les États parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie ».

Dialoguer pour arrêter le massacre

Agbor Balla, le président du Centre pour les droits de l’homme et de la démocratie en Afrique centrale (CHRDA) souhaite que les auteurs des attaques perpétrées sur les enfants et les écoles soient punis conformément à la loi. Il ajoute qu’au regard des conséquences de la crise socio-politique aujourd’hui sur les enfants, il est impératif qu’un dialogue franc soit ouvert. Entre temps, le gouvernement dit mettre tout en œuvre pour un retour à la normale dans les régions anglophones.

Le 16 septembre 2021, les travaux de la 3ème session du Comité de pilotage du Plan présidentiel de reconstruction et de développement (PPRD), des deux régions se sont tenus aux services du premier ministère à Yaoundé. À cette occasion, Paul Tasong, le coordonnateur national de ce programme a laissé entendre que contrairement à l’année 2019 qui a été la plus catastrophique pour la crise anglophone en ce qui concerne la réouverture des écoles : « En 2016, il y avait 1 100 000 élèves en classe dans le primaire et le secondaire. Cette situation est restée à la baisse jusqu’en 2019 où le taux d’inscription d’élèves dans le secondaire et le primaire est descendu à 225 000 et en 2020 nous étions à 427 000 élèves dans les classes au niveau du primaire et du secondaire au cours de l’année 2020-2021 dans les deux régions », a expliqué Paul Tasong.

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