Actualités of Monday, 9 February 2026

Source: www.camerounweb.com

NECROLOGIE: communauté universitaire en deuil, l'enseignant-chercheur Jean-Claude Tchouankap est mort

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L'historien et pédagogue camerounais s'est éteint dimanche 8 février 2026 à l'hôpital régional annexe de Dschang, trois jours seulement après son admission

La communauté universitaire camerounaise est en deuil. Jean-Claude Tchouankap, enseignant d'université et chercheur en histoire, est décédé ce dimanche 8 février 2026 à l'hôpital régional annexe de Dschang, où il était interné depuis le 5 février. Selon des sources proches de la famille, l'universitaire est mort des suites d'une courte maladie qui a brutalement emporté cet homme de savoir âgé de 69 ans.

Admis à l'hôpital régional annexe de Dschang le 5 février dernier, Jean-Claude Tchouankap n'a pas survécu à la maladie qui l'a terrassé. De sources concordantes, son état de santé s'est rapidement dégradé au cours de ces trois jours d'hospitalisation, ne laissant aucune chance aux équipes médicales de le sauver.

La nouvelle de son décès, survenue dimanche, a rapidement circulé au sein de la communauté académique, provoquant une vive émotion parmi ses collègues, ses anciens étudiants et les nombreux chercheurs qu'il a accompagnés tout au long de sa carrière.

Né en 1957 à Bangoua, dans le département du Ndé (région de l'Ouest), Jean-Claude Tchouankap a consacré sa vie à l'enseignement et à la recherche historique. Son parcours académique témoigne d'une rigueur et d'une excellence qui ont marqué tous ceux qui l'ont côtoyé.
Après des études brillantes, il soutient sa thèse de doctorat en histoire à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines de l'Université de Ngaoundéré. Son passage devant le jury est remarqué et sanctionné par la prestigieuse mention "Très honorable", reconnaissance d'un travail de recherche de haute qualité.

Fort de ce parcours académique exemplaire, Jean-Claude Tchouankap devient enseignant d'université, position qu'il occupera jusqu'à sa disparition, partageant inlassablement son savoir et sa passion pour l'histoire avec des générations d'étudiants.

Avant de se consacrer pleinement à l'enseignement universitaire, Jean-Claude Tchouankap a d'abord fait ses armes dans le secondaire. De 1990 à 1996, il exerce comme enseignant d'histoire-géographie et d'éducation à la citoyenneté et à la morale au lycée de Dschang.

Ces six années passées à transmettre son savoir aux lycéens lui ont permis d'affiner ses qualités pédagogiques et de développer cette capacité à rendre l'histoire accessible et passionnante, qualité qui fera plus tard sa réputation auprès de ses étudiants universitaires.

C'est également à Dschang, ville où il avait enseigné ses premières années, que l'universitaire a rendu son dernier souffle, comme pour boucler une boucle symbolique.

Au-delà de ses compétences académiques, Jean-Claude Tchouankap était avant tout reconnu pour ses qualités humaines. Généreux de son temps et de ses connaissances, il a accompagné de nombreux jeunes chercheurs dans leurs travaux, jouant pour eux un rôle de mentor indispensable.


L'hommage rendu par le Dr Gilbert Sayem illustre parfaitement l'impact qu'il a eu sur ses étudiants et collaborateurs. "Dr Tchouankap Jean-Claude, Grand Professeur, tu as été à mes côtés du début jusqu'à la fin de mes études universitaires", écrit-il avec émotion.

Ce témoignage révèle un enseignant qui ne se contentait pas de dispenser des cours, mais qui accompagnait véritablement ses étudiants tout au long de leur parcours académique, y compris au-delà de leurs études initiales.

Jean-Claude Tchouankap était un chercheur actif qui a contribué à l'enrichissement de la connaissance historique du Cameroun. Le Dr Sayem évoque notamment leur collaboration sur une recherche portant sur les 150 ans d'existence du port de Douala-Bonabéri, travail qui témoigne de l'intérêt de l'historien pour l'histoire économique et portuaire du pays.

"Mes premières recherches postdoctorales, c'est encore toi qui m'as donné l'opportunité de les mener. À tes côtés, j'ai travaillé sur les 150 ans d'existence du port de Douala-Bonabéri", se souvient le Dr Sayem, soulignant la générosité intellectuelle de son mentor qui offrait aux jeunes chercheurs des opportunités de développer leurs propres travaux.

L'engagement de Jean-Claude Tchouankap auprès de la jeunesse ne se limitait pas aux amphithéâtres universitaires. Le Dr Sayem raconte que l'enseignant a accepté à deux reprises de se déplacer jusqu'à Penja, localité d'origine de son ancien étudiant, pour partager ses connaissances avec les jeunes de cette région.
"Tu as accepté à deux reprises de faire le déplacement jusqu'à Penja, mon berceau, pour partager tes connaissances avec la jeunesse de cette localité. Beaucoup de ces jeunes se souviennent encore de toi, douze ans après", témoigne-t-il.
Ce détail révèle un homme profondément attaché à la transmission du savoir, prêt à sortir de son cadre habituel pour aller à la rencontre des jeunes, même dans des localités reculées. Une générosité et une disponibilité qui ont marqué durablement tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer.

Dans son hommage, le Dr Sayem exprime également un regret : "Aujourd'hui, tu tires ta révérence sans avoir pleinement bénéficié des fruits de nos travaux."
Cette phrase traduit le sentiment partagé par de nombreux universitaires camerounais : celui que les enseignants-chercheurs ne reçoivent pas toujours, de leur vivant, la reconnaissance qu'ils méritent pour leur contribution à la formation des élites et à l'avancement de la connaissance.

Jean-Claude Tchouankap s'en va sans avoir vu aboutir tous les projets auxquels il a contribué, sans avoir reçu tous les honneurs qu'aurait mérités une carrière aussi riche et dévouée. C'est le sort de nombreux enseignants qui travaillent dans l'ombre, loin des projecteurs, pour former les générations futures.

Depuis l'annonce de son décès dimanche, plusieurs collègues, anciens étudiants et collaborateurs ont rendu hommage à Jean-Claude Tchouankap, témoignant de l'estime et de l'affection qu'il suscitait.

Le Dr Gilbert Sayem conclut son message avec des mots touchants : "Pour la place que tu as occupée dans ma vie depuis 2008, je te dis infiniment merci. Que Dieu et tes ancêtres t'accordent un repos éternel à la hauteur de l'homme que tu as été. Repose en paix, mon mentor."

Ce témoignage résume parfaitement ce que représentait Jean-Claude Tchouankap pour ceux qui l'ont connu : un mentor, un guide, un homme généreux qui a consacré sa vie à la transmission du savoir et à l'accompagnement des jeunes générations.

Le départ de Jean-Claude Tchouankap laisse un vide dans la communauté universitaire camerounaise. Avec lui disparaît non seulement un chercheur et un enseignant de qualité, mais aussi un homme de cœur qui incarnait les plus belles valeurs de l'université : l'excellence académique alliée à l'humilité et à la générosité.

Dans un système universitaire souvent critiqué, Jean-Claude Tchouankap représentait ce qu'il y a de meilleur : des enseignants passionnés, dévoués à leurs étudiants, soucieux de transmettre non seulement des connaissances mais aussi des valeurs et une éthique de travail.

Si Jean-Claude Tchouankap n'est plus, son héritage perdure à travers tous les étudiants qu'il a formés, tous les chercheurs qu'il a accompagnés, tous les jeunes à qui il a transmis sa passion pour l'histoire et la connaissance.
Le Dr Gilbert Sayem et tous ceux qui ont eu la chance de bénéficier de son enseignement et de son mentorat portent désormais la responsabilité de perpétuer son œuvre, de continuer à transmettre le savoir avec la même générosité et le même dévouement qui caractérisaient cet homme exceptionnel.