Le premier président du Conseil constitutionnel du Cameroun s'est éteint ce dimanche 4 octobre 2026 à l'âge de 85 ans. Clément Atangana est décédé en France, à l'hôpital américain de Paris, où il avait été évacué en urgence sanitaire depuis mardi dernier. Il laisse derrière lui une carrière de près de six décennies au service de la justice et des institutions de la République.
Le Conseil constitutionnel est en deuil. Le magistrat Clément Atangana, qui présidait l'institution depuis sa création en 2018, est décédé aux premières heures de ce dimanche 4 octobre 2026. Selon les informations recueillies, il est mort aux environs de 5 h 22 à l'hôpital américain de Paris, en France, où il luttait depuis plusieurs mois contre une longue maladie. Hospitalisé à Yaoundé avant que la dégradation de son état ne nécessite une évacuation sanitaire, il n'aura pas survécu à ce dernier combat.
Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyek, dans l'arrondissement de Ngomedzap (département du Nyong-et-So'o), Clément Atangana était un magistrat hors hiérarchie, figure respectée de la région du Centre. Intégré dans le corps de la magistrature le 20 décembre 1968, il avait gravi tous les échelons : juge d'instruction à Nkongsamba, président de tribunaux à Eséka, Bafia, Mora, Sangmélima et Yaoundé, directeur adjoint des Affaires judiciaires au ministère de la Justice, procureur général près la Cour d'appel du Nord, président de la Cour d'appel du Centre, puis conseiller et président de la Chambre administrative à la Cour suprême. Retraité en 2014, il s'était inscrit au Barreau avant d'être nommé, le 7 février 2018, premier président du Conseil constitutionnel par le président Paul Biya.
C'est lors du contentieux de l'élection présidentielle de 2018 que Clément Atangana s'est imposé comme l'un des visages de la vie institutionnelle camerounaise. Les audiences retransmises à la télévision, au cours desquelles il prononçait le désormais célèbre « irrecevable », ont durablement associé son nom à la haute juridiction. Son mandat avait été renouvelé pour six ans en janvier 2024. Jusqu'à ses derniers jours, il est resté un symbole de la continuité institutionnelle de l'ère Biya, à l'heure où le pays attend la nomination de son premier vice-président. Sa disparition survient quelques mois après celles d'autres grandes figures de l'État, dont le président du Sénat Marcel Niat Njifenji et le président de l'Assemblée nationale Cavayé Yéguié Djibril, marquant l'effacement progressif d'une génération de hauts responsables.









