L'ancien Directeur Général de la DGRE, accusé dans le procès Martinez Zogo, a perdu l'une de ses filles samedi dernier
Un drame personnel vient frapper Maxime Eko Eko Léopold, l'un des principaux accusés dans l'affaire Martinez Zogo. L'ancien patron de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) a perdu l'une de ses filles biologiques samedi dernier, selon une information révélée par le lanceur d'alerte Paul Chouta.
Cette disparition survient à un moment particulièrement difficile pour l'ancien haut responsable des services de renseignement camerounais. Actuellement en détention préventive depuis plusieurs mois, Maxime Eko Eko est accusé d'être impliqué dans l'enlèvement, la séquestration et la mort du journaliste Martinez Zogo, survenue en janvier 2023.
La nouvelle du décès a été annoncée publiquement par Paul Chouta, figure connue de la société civile camerounaise et lanceur d'alerte très actif sur les réseaux sociaux, qui suit de près l'affaire Martinez Zogo depuis son début.
Un moment de recueillement au tribunal
Lors de l'audience marathon qui s'est tenue du 5 au 6 janvier 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé, le compte rendu des débats a d'ailleurs débuté par une mention spéciale : "À l'entame de la lecture de ce CR, toutes nos sincères condoléances à l'accusé Eko Eko Léopold Maxime qui a perdu sa fille biologique samedi. Dans ce moment difficile, puisse le Seigneur lui donner le réconfort nécessaire."
Ce geste témoigne de la reconnaissance, même dans le cadre d'un procès aussi sensible, de la dimension humaine du drame qui frappe l'accusé.
Pour Maxime Eko Eko, cette épreuve prend une dimension particulièrement douloureuse du fait de sa détention. Privé de liberté, l'ancien directeur général de la DGRE ne peut accompagner sa famille dans ce moment de deuil ni participer aux cérémonies funéraires selon les traditions camerounaises, qui accordent une grande importance à la présence de la famille lors du dernier adieu.
Les conditions de détention et les règles strictes du SED rendent particulièrement difficile la gestion d'un tel drame personnel. Les visites familiales sont généralement limitées et encadrées, rendant le recueillement et le soutien mutuel entre membres de la famille compliqués.
Malgré cette tragédie personnelle, le procès de l'affaire Martinez Zogo suit son cours. L'audience du 5 au 6 janvier, qui a duré plus de 12 heures, a été marquée par des révélations importantes concernant le fonctionnement interne de la DGRE et les circonstances de l'opération qui a conduit à la mort du journaliste.
Maxime Eko Eko a lui-même participé activement aux débats, interrogeant longuement le témoin, le Commissaire divisionnaire Ellong James Lobe, sur les procédures et les dysfonctionnements qui auraient permis à son subordonné, Justin Danwé, de mener une opération en dehors de tout contrôle hiérarchique.
Ce deuil s'ajoute aux tensions déjà palpables lors des audiences. Le 5 janvier, un incident avait d'ailleurs éclaté entre Maxime Eko Eko et un autre accusé, Martin Savom, qui l'avait touché en se déplaçant. "Très furieux", Eko Eko avait immédiatement interpellé le Tribunal, exigeant que Savom ne le touche plus jamais. Le Président du Tribunal avait dû intervenir pour rétablir l'ordre.
Cette nouvelle épreuve personnelle ne fait qu'accentuer la charge émotionnelle qui pèse sur l'ancien patron de la DGRE, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire et se présente comme une victime des agissements de son subordonné Justin Danwé.









