Actualités of Tuesday, 6 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Situation chaotique au ministère de l’Enseignement supérieur. La dette académique a fini par s’installer. Dans une intervention du lanceur d’alerte Boris Bertolt, il écrit : « 7,294 milliards de francs CFA annoncés payés, Aba’a Oyono demande qui a touché quoi ». Les détails de l’intervention du confrère.
Alors que le Minesup annonçait, le 18 septembre 2026, avoir réglé 43 % d’une dette académique évaluée à 16,959 milliards de francs CFA, les conditions de répartition des paiements suscitent des contestations. En effet, Le paiement de la dette académique soulève désormais une question de transparence : quels bénéficiaires ont effectivement reçu les fonds, pour quelles prestations et sur quelles bases de calcul ?
Au cours d’une concertation discrète avec le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jean Calvin Aba’a Oyono a signalé des sommes qu’il juge particulièrement élevées, versées à certains collaborateurs du ministère ainsi qu’à des membres du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) et de leurs amis parmi le corps enseignant.
Les chiffres donnent la mesure du dossier. Au 18 septembre 2026, le bilan attribué au Minesup faisait état de 7,294 milliards déjà payés, sur une dette académique de 16,959 milliards, couvrant la période 2000-2021. Le taux d’apurement annoncé atteignait 43 %. Par différence, environ 9,665 milliards de francs CFA, soit 57 %, restaient à régler à cette date. Ce solde ne constitue pas un bilan actualisé au 6 octobre.
Une semaine auparavant, le communiqué ministériel du 11 septembre retenait pourtant un montant total de 15 498 462 253 de francs CFA, concernant les enseignants de huit universités d’État, avec 41 % annoncés payés depuis le 3 octobre 2025. Ce pourcentage correspond à environ 6,354 milliards de francs CFA. Le ministère précisait alors avoir privilégié les universités de Bamenda, Buea et Maroua.
Entre ces deux bilans, le montant global communiqué augmente donc d’environ 1,46 milliard de francs. Les paiements de la prime de recherche constituent un autre poste. Dans son communiqué du 11 septembre, le Minesup annonçait 16 milliards de francs CFA entièrement payés pour les quatre trimestres de 2025, au titre de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire. Ces fonds ne doivent donc pas être additionnés aux remboursements de la dette académique historique pour présenter celle-ci comme davantage apurée.
Le 29 septembre, un autre communiqué annonçait un virement de 1,088 milliard de francs CFA à 1 295 enseignants-chercheurs, portant le cumul des virements de l’allocation du deuxième trimestre 2026 à 2,556 milliards. Pour cette seule composante bancaire, le reste à payer était alors de 2,364 milliards. Concernant la dette académique, ce texte évoquait la poursuite de la mobilisation des fonds, sans fournir de nouveau total cumulé des remboursements.
C’est dans ce contexte que le Pr Aba’a Oyono a évoqué l’existence d’un « comptoir » dans les services de la Division de la promotion du dialogue et de la solidarité universitaires avec à sa tête Mtopi Fotso Blaise. Ces interrogations prolongent notre précédente alerte sur le rôle de Mtopi Fotso Blaise par ailleurs coordonnateur technique du Cadre de concertation permanent Minesup-enseignants-chercheurs. Il intervenait notamment lors de la session du 20 février 2025, consacrée à la gestion de la dette académique.
Pour le Pr Aba’a Oyono, la publication des bénéficiaires serait indispensable pour apaiser les tensions. Le Minesup avait déjà publié, en décembre 2024, une liste relative aux créances de la période 2000-2021. L’enjeu porte désormais sur un relevé actualisé des paiements effectifs, précisant les montants, les périodes concernées et les justificatifs correspondants et les personnes ayant touchées l’argent.
En l’absence de ces éléments, les milliards annoncés ne permettent pas de vérifier l’équité de leur répartition. La réponse attendue du ministère et des responsables mis en cause doit permettre d’établir qui a été payé, combien et pourquoi.