Actualités of Thursday, 1 January 2026

Source: www.camerounweb.com

'Mon pasteur me faisait des choses horribles derrière'

La fidèle prend son courage à deux mains et se confie. Son histoire, dit-elle, est interdite aux moins de 18 ans parce que le contenu est émotionnel lourd. Il s'agit de manipulations religieuses et de violences psychologiques.

Je m’appelle Déborah. Pendant huit ans, j’ai été mariée à un homme que tout le monde appelait le pasteur du ciel. Un homme respecté, admiré, adulé. Un homme devant qui les femmes baissaient la tête par respect, et les hommes par admiration.

Il prêchait la fidélité. Il prêchait la vérité. Il prêchait la sainteté. Et moi, j’étais sa femme. La « maman de l’église ». La femme douce, silencieuse, exemplaire, toujours bien habillée. Celle qui souriait même quand son âme hurlait. Je vais raconter la vérité que j’ai portée seule pendant huit ans.

La vérité qui me dévore encore la nuit. La vérité que personne n’aurait crue, s’ils n’avaient pas vu ce que j’ai vu ce soir-là. Parce que tout a commencé un dimanche, après le culte. Le message du jour parlait du pardon. Il prêchait avec une passion inhabituelle. Il transpirait. Il tremblait. Il répétait : « Dieu voit les cœurs. Dieu connaît les vérités cachées ».

Je pensais qu’il parlait aux fidèles. Je ne savais pas qu’il se parlait à lui-même. Après le culte, il m’a demandé de monter dans son bureau. J’ai frappé. Pas de réponse. J’ai ouvert la porte. La première chose que j’ai vue, c’est ses mains tremblantes. La deuxième, c’est un collier rose, posé sur son bureau. Un collier que je n’avais jamais vu. Il m’a dit de m’asseoir. Sa voix tremblait : « Déborah… il faut que je t’avoue quelque chose. Avant que le diable ne le fasse à ma place ».

J’ai senti la terre se déplacer sous mes pieds. Il a respiré profondément. Il s’est mis à genoux devant moi. Puis il a dit la phrase qui a détruit huit ans de ma vie : « Je ne suis pas seulement ton mari. Je suis aussi le mari d’une autre ».

Je croyais que mon cœur allait cesser de battre. Mes mains ont perdu leur force. Je lui ai demandé « qui ? ». Il m’a regardée avec des yeux humides. Et il m’a dit : « Elle vient à l’Église depuis trois ans. Je connaissais toutes les femmes de l’Église. Toutes ».

Alors j’ai demandé encore : « Laquelle ? ». Et il a murmuré le prénom qui a fait exploser mon âme : « Sarah ». La jeune fille qu’on avait recueillie à 16 ans, après que ses parents l’avaient abandonnée.

Sarah, celle que j’avais habillée, nourrie, protégée. Sarah, que j’appelais « ma fille ». Sarah qui avait maintenant 19 ans. Je me suis levée d’un bond. Je tremblais. Je suffoquais. J’avais envie de vomir.

Je lui ai crié : « Dis-moi que ce n’est pas vrai ». Il a baissé la tête. Il a posé le collier rose dans ma main. Ce collier… je le lui ai offert hier. La veille du culte. La veille du message sur le pardon. J’ai perdu l’équilibre. Je suis tombée à genoux. Je pleurais. Je suffoquais. Mon cœur s’éteignait.

Puis il a ajouté la phrase que je ne pourrai jamais effacer : « Elle, elle attend un enfant ». Mon cri n’est jamais sorti. Il est resté bloqué dans ma gorge. Mais je crois que Dieu l’a entendu. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même plus qui j’étais. Ce soir-là, j’ai fait ce que je n’aurais jamais imaginé. Je suis allée chez Sarah. Je voulais la maudire. Je voulais la frapper. Je voulais qu’elle me regarde dans les yeux et assume. Je suis entrée sans frapper. Elle était assise sur son lit. Le ventre légèrement arrondi. Des larmes coulaient sur ses joues.

Elle m’a regardée. Et elle n’a pas dit « pardon ». Elle n’a pas dit « je t’explique ». Elle a dit : « Maman… il m’a dit que tu savais ». Je suis restée figée. Comme si tout mon sang avait disparu. Il t’a dit… quoi ? Elle a hoché la tête, terrifiée. Il m’a promis qu’il allait divorcer. Il m’a dit que tu étais d’accord. Il m’a dit que tu étais fatiguée du mariage. Il m’a dit qu’il m’aimerait plus que toi ».

J’ai senti quelque chose mourir en moi. Quelque chose d’insubstituable. Quelque chose que personne ne peut ressusciter. Je suis sortie. Je n’ai rien dit. Je n’ai même pas pleuré. Le lendemain. Il a fait un AVC dans la chaire, devant toute l’église. Le choc. La culpabilité. Le double jeu. Il a survécu, mais il ne parle plus.

Et moi ? On m’a traitée de femme forte. De femme fidèle. De femme qui a « tenu le foyer ». Personne ne sait que je suis morte avant lui. L’abomination la plus dangereuse n’est pas celle du monde, c’est celle qui porte le nom de Dieu pour se cacher.

Ne te trompe pas : le diable n’entre pas toujours par la fenêtre. Parfois, il entre par le verset. Les plus grandes trahisons ne viennent pas des étrangers. Elles viennent de ceux qui prient avec toi. Un homme peut parler en langues… et mentir avec la même bouche. Le mariage religieux n’empêche pas l’abomination. Il la rend simplement plus silencieuse. Plus cachée. Plus perfide.

Quand un amour te tue intérieurement, ce n’est plus un mariage. C’est un sacrifice humain. Garde cette vérité dans ton âme : Dieu a demandé le pardon. Il n’a jamais demandé l’autodestruction.