Actualités of Saturday, 6 June 2026
Source: www.camerounweb.com
C’est une histoire vraie, jure la fille. Elle affirme qu’elle n’a jamais pensé qu’un père pouvait jalouser son propre fils. Nous vous faisons découvrir l’affaire.
Pour moi, un père est censé protéger, bénir, pousser son enfant vers le haut. Mais le mien voulait ma fin et ce que je vais raconter ici est réel, je le jure sur tout ce que j’ai de plus précieux.
Je m’appelle Jonas. J’avais 27 ans quand c’est arrivé. À cet âge-là, je venais de réussir ma vie : un petit commerce qui marche, un terrain acquis, une femme merveilleuse (photo d’illustration) avec qui je préparais mon mariage. Bref, Dieu me bénissait. Mais cette réussite faisait brûler quelqu’un à l’intérieur : mon propre père.
Je ne l’avais jamais remarqué. Il souriait devant moi. Mais derrière mes épaules, il racontait que je voulais le dépasser, que j’étais trop devant, que ma réussite écrasait son nom. Certains voisins avaient remarqué son changement. Mais moi, naïf, je n’ai rien vu venir.
Un samedi matin, il m’appelle. Une voix calme, douce, comme celle d’un père fier de son fils. Mon fils, accompagne-moi au village. Il faut que tu m’aides pour un travail important. C’est toi l’homme de la maison maintenant. Cette phrase, aujourd’hui encore, elle me hante. J’ai accepté sans réfléchir. C’était mon père. On n’hésite pas face à un parent.
Nous avons quitté la ville vers midi. La route était longue, poussiéreuse, fatigante. Il ne parlait pas beaucoup, mais il me regardait souvent par le coin de l’œil. Un regard vide. Un regard que je ne connaissais pas. Après deux heures de marche à travers des champs secs, on arrive dans un petit coin isolé. Aucun bruit. Aucun signe de vie. Même les oiseaux ne passaient pas là. Une poussière rouge couvrait tout.
On y est, dit-il. On est où ? Aide-moi à creuser ici. Il m’a tendu une pelle. Sans expliquer. Sans montrer ce qu’on cherchait. J’ai commencé à creuser. La terre était lourde, sèche, compacte. Le trou se faisait profond. Très profond. Presque trop profond. Au bout d’un moment, j’ai levé la tête pour lui demander si ça suffisait. Et là, je l’ai vu, debout. Fixe. Une main derrière son dos. Son visage était méconnaissable. Aucun sourire. Aucun sentiment. Seulement de la haine. Pure. Brute. Sombre.
Papa ? Ai-je appelé. Il n’a pas répondu. Il a lentement sorti ce qu’il cachait. C’était une machette. Neuve. Brillante. Mon sang s’est glacé dans mes veines. Dans ce silence mortel, il a murmuré. Ce trou, c’est toi qui vas y entrer. Mon cœur s’est arrêté. Je n’arrivais même plus à respirer. Je ne reconnaissais plus mon père. C’était comme s’il avait laissé une autre chose prendre sa place. Avant d’avoir le temps de réagir, il a levé la machette. J’ai sauté. Par réflexe. Sans réfléchir. Le vent de la lame a effleuré ma joue.
J’ai senti la chaleur du sang. Je n’ai même pas compris d’où ça venait. Il s’est mis à crier. Un cri non humain. Un cri de jalousie, de folie, de rage.
Tu m’écrases, tu me voles la lumière, tu ne me respectes pas. Il a encore levé la machette. J’ai couru. Couru comme si ma vie dépendait de mes pieds. Parce qu’elle en dépendait réellement. Je l’entendais derrière moi. Ses pas. Ses hurlements. La machette qui claquait contre les branches.
Reviens, reviens, je t’ai dit. Je n’ai jamais voulu mourir. Pas comme ça. Pas dans la main de celui qui m’a donné la vie. Je me suis jeté dans un buisson. Je suis resté immobile. J’entendais la machette frapper le sol. Pendant presque 40 minutes, il m’a cherché. Sans arrêter. Sans se fatiguer. Comme un chasseur qui veut absolument tuer sa plus grosse proie.
Quand les voix des villageois au loin ont commencé à se rapprocher, il a changé. Comme si son esprit revenait soudain. Il a rangé la machette. Il est parti lentement. Comme si rien ne s’était passé. Moi, j’ai attendu longtemps. Très longtemps. Ensuite j’ai fui. Sans retourner au village. Sans retourner chez lui. Je n’ai raconté ça à personne pendant plusieurs mois parce que même moi, j’avais du mal à croire que c’était vrai. Mais l’histoire n’est pas finie.
Trois semaines plus tard, il est venu me voir chez moi. Calme. Souriant. Comme un père normal. Il m’a regardé droit dans les yeux et il m’a dit : le jour où je t’ai manqué, j’aurais dû finir, je finirai. Puis il a souri. Un sourire qui ne venait pas d’un être humain et il est parti.
Depuis ce jour, je dors mal. Je sens encore sa présence quand je marche seul. Parfois j’entends sa voix dans mon dos. Et parfois, je revois ses yeux dans ceux d’autres hommes que je croise. Comme si la jalousie d’un père pouvait survivre, même quand son fils s’enfuit. Et je sais une chose, un jour, il reviendra.