Actualités of Thursday, 29 October 2026
Source: www.camerounweb.com
La visite du ministre Fuh Calistus Gentry et d’une délégation américaine à Minta place le projet Lion Rock sous les projecteurs. À ce stade, les indices de terres rares restent une hypothèse d’exploration : aucune ressource ni réserve commerciale n’a été publiée.
La mission du 27 octobre s’est rendue sur le site de Nguen avec le chargé d’affaires des États-Unis. Lion Rock Minerals explore un permis d’environ 8 800 kilomètres carrés, historiquement associé au rutile et désormais présenté comme porteur d’autres minerais stratégiques. Le gouvernement évoque un partenariat avec l’entreprise américaine Tronox, l’extension possible de quarante kilomètres de voie ferrée, des besoins énergétiques et des emplois futurs.
Entre un indice géologique et une mine rentable, plusieurs étapes manquent : forage, estimation indépendante de la ressource, minéralogie, essais métallurgiques, étude de faisabilité, permis environnemental et financement. Les terres rares ne forment pas un produit uniforme. Leur valeur dépend des éléments présents, de leur concentration et de la possibilité de les séparer sans coûts ou impacts disproportionnés. Une annonce politique ne remplace pas ces preuves techniques.
Le partenariat américain s’inscrit dans la compétition mondiale pour les minerais critiques. Le Cameroun peut utiliser cet intérêt pour négocier transformation locale, transfert de compétences et transparence contractuelle.
Il doit aussi protéger les terres agricoles, les eaux et les droits des communautés. Avant de parler de corridor ferroviaire ou d’industrialisation, les autorités devraient publier les résultats d’analyse, la structure de propriété du projet et les prochaines décisions. L’enjeu n’est pas seulement d’extraire un minerai, mais de savoir qui porte le risque et qui capte la valeur.