Les terres rares placent Minta dans une géopolitique mondiale, mais l’urgence stratégique n’abolit pas la géologie. Avant l’usine et les exportations, le projet doit encore mesurer la ressource, tester son traitement et documenter ses impacts.
Le ministre des Mines par intérim a évoqué un horizon de trois ans pour développer le projet de rutile et de terres rares de Minta. Lion Rock Minerals explore un vaste ensemble de permis avec l’appui stratégique de Tronox. Les campagnes ont identifié plusieurs zones minéralisées et des teneurs ponctuelles élevées. Pourtant, aucune estimation initiale de ressource n’a encore été publiée pour transformer ces indices en volumes géologiques conformes aux standards de marché.
Entre exploration et production se trouvent des étapes incompressibles : forages, modélisation, tests métallurgiques, étude de faisabilité, financement, permis environnementaux, accès à l’énergie et accord avec les communautés. Les terres rares exigent en outre des procédés de séparation complexes. Un calendrier politique peut accélérer les décisions administratives, mais ne doit pas réduire la qualité des données ni la consultation locale.
Le Cameroun a intérêt à négocier tôt la transformation locale, le partage des données et la formation scientifique. Les contrats devraient prévoir des obligations adaptées à chaque stade, plutôt que promettre immédiatement une chaîne complète. Le meilleur signal à trois ans ne serait pas nécessairement la première cargaison ; ce pourrait être une ressource certifiée, une étude crédible et un accord social transparent. Minta gagnera en valeur si le pays remplace l’impatience par des jalons publics et vérifiables.









