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General News of Monday, 2 October 2017

Source: ebugnti.wordpress.com

Meurtre du proviseur du Lycée de Foumban: le Minesec et le Sultan mis en cause


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Les motivations de l’assassinat du proviseur du Lycée Bilingue de Foumban font l’objet d’une passe d’arme entre le Minesec et le Sultan.

Alors que Charles Etoundi a succombé à ses blessures le 23 septembre, après avoir été agressé dans son domicile dans la nuit de samedi, c’est ce lundi que les réactions officielles ont été rendues publics.

Dans son communiqué, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe « condamne un acte qui met en mal le vivre ensemble et l’intégration nationale ». Une déclaration que corroborent des informations relayées par les réseaux sociaux, dès l’annonce de ce meurtre.

Selon plusieurs sources, la présence d’un proviseur non originaire du Noun aurait été mal acceptée par certains fils de la localité. Parmi lesquels un proviseur d’un autre établissement secondaire public qui l’aurait fait savoir sur les ondes d’une radio locale.

D’autres fait de tribalisme, qui ne sont par ailleurs pas l’apanage du Noun, mais dont la récurrence serait alarmante, ont également été signalés.

Le Minesec « appelle au calme » et rassure que le gouvernement protégera les intervenants de la chaîne éducative.

Décompte identitaire et réactionnaire

Quelques heures après ce communiqué, le sultan et roi des Bamoun, lui aussi silencieux depuis les évènements du week-end, s’est fondu en une déclaration contradictoire.

Ibrahim Mbombo Njoya fait le décompte identitaire des victimes de meurtres et agression dans son royaume. Il place ainsi l’assassinat du proviseur dans le cadre global de l’insécurité qui sévit dans le Noun.

Il répertorie quatre assassinats et trois agressions avec vol, incendie ou vadalisalisation de véhicules, pour le seul mois de décembre. Des exactions dont les victimes sont majoritairement des Bamoun.

Rien de tel pour affirmer que la déclaration du ministre des Enseignements Secondaires était « mal intentionnée » et rejeter la thèse de « mise en mal du vivre ensemble ».

Hâte et maladresse

Si plusieurs voies corporatives se sont élevées pour dénoncer l’assassinat du sieur Charles Etoundi comme étant en lien avec ses origines non Bamoun, cette dernière acception serait davantage du à son œuvre d’assainissement et la qualité de sa gouvernance probe et éthique de l’établissement.

La déclaration du Minesec apparaît donc, de ce point de vue, inappropriée. Même si elle peut aussi avoir consisté à rasséréner une communauté éducative meurtrie et paniquée. Des syndicats d’enseignant ayant annoncé des actions de protestation dès ce lundi.

Rien ne dit, en effet, que dans la même configuration professionnelle, un tiers autre proviseur, quels que soient ses origines ethniques ou tribales, n’aurait pas été pris à parti.

Maladresse ou mauvaise foi, le communiqué du sultan ignore, pour sa part, les récriminations tribales qui sont évoquées. Dans un contexte où la discrimination tribale est pourtant la chose la mieux répandue parmi nos compatriotes.

Il ne semble pas s’émouvoir outre mesure de la multiplication des meurtres dans le Noun. Mais se complaît devant le décompte macabre pour défendre la non infraction au vivre ensemble « du peuple Bamoun ».

Il n’y a pas l’ombre de la moindre condamnation, ni la moindre interpellation du peuple dont il est à la fois le guide traditionnel et moral, voir spirituel.

Pas le moindre appel non plus à l’endroit de la communauté éducative meurtrie, au peuples allogènes apeurés, ni même au nombreux Bamoun accueillants et citoyens dont la moralité souffrirait des actes éventuels d’un groupe.

Bien au contraire, Ibrahim Mbombo Njoya semble tout mettre sur le compte des forces de l’ordre qu’il « exhorte à faire leur travail ».

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