Le journal l'Indépendant ne se trompe pas lorsqu'il dit que « le constat est glaçant ». Depuis des mois, les abonnés d'Orange Cameroun vivent un quotidien épuisant, lit-on dans ses colonnes, parution n°1078 que nous republions.
Des forfaits achetés via Max It qui ne sont jamais crédités, de l'argent débité d'Orange Money sans gigas ni remboursement, des connexions instables, des appels qui n'aboutissent qu'après plusieurs tentatives, des box qui peinent à suivre à la maison et surtout les coûts jugés abusifs.
Sur la toile, la colère a même pris des noms : orange vole le peuple, Orange is the new mafia. Et face à ce qui ressemble à un mur, des voix se sont élevées pour appeler à un boycott pur et simple des deux géants de la téléphonie, Orange et MTN, le 30 octobre 2026. Cette fois, pourtant, le régulateur n'est pas resté silencieux.
Les 22 et 23 octobre, l'Agence de régulation des télécommunications (ART) a par exemple convoqué Orange Cameroun à Douala pour un exercice de vérité. Un contrôle sur site, en présence de membres du Conseil d'administration, dont sa présidente. L'objectif affiché était de mesurer l'écart entre les investissements annoncés et leur impact réel sur le terrain. Car un opérateur peut cocher toutes les cases sur le papier et laisser des quartiers entiers sans réseau stable.
L'ART veut donc des preuves. Il se dit d'ailleurs que cette démarche s'inscrit dans une pression continue. En juillet, MTN Cameroon avait déjà été soumis au même exercice. Puis, le 2 septembre, le directeur général de l'ART, le Philémon Zoo Zame, avait réuni les patrons d'Orange et de MTN pour poser les termes du problème : accès, coût, couverture, qualité de service et qualité d'expérience.
Autrement dit, le régulateur ne découvre pas la crise. Elle la documente, et elle agit. Mais l'histoire ne date pas d'hier. En juillet 2025, se souvient-on, l'ART avait déjà infligé une amende de 2,6 milliards de francs CFA aux deux opérateurs, dont 1,6 milliard pour Orange Cameroun, après des inspections menées en 2024.
Les sanctions tombent, les promesses se répètent, et pourtant la qualité ne suit pas toujours. C'est précisément ce qui rendait le récent conclave d'octobre important : après les amendes, place aux engagements vérifiables. Le message de l'ART est clair. À l'issue de ces deux journées, le régulateur attendait des priorités définies, un calendrier d'exécution et un suivi pas à pas. La confiance des Camerounais ne se reconstruira pas avec des communiqués, mais avec des résultats visibles, mesurables et durables. Reste une question. Le conclave mainte fois annoncé suffira-t-il à changer le quotidien de millions d'utilisateurs ? La réponse appartient désormais à Orange Cameroun. Mais une chose est sûre : les abonnés, eux, ne se contenteront plus de belles paroles.
Le Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun (COC) dénonce des « manquements graves contractuels », « un épuisement anormal et injustifié » des forfaits internet et appels, ainsi qu'une « très mauvaise qualité de réseau et de service ». Un ultimatum de 15 jours a été lancé, avec à la clé des manifestations et un boycott dès le 12 novembre 2026.









