Actualités of Friday, 29 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Mauvaise nouvelle : les Camerounais sommés de quitter ce pays avant ce 31 mai

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Le compte à rebours est lancé. Les autorités cambodgiennes ont publié un avis officiel de la Direction Générale de l'Immigration relevant du Ministère de l'Intérieur, enjoignant à plusieurs communautés africaines — dont les Camerounais, ainsi que les ressortissants du Ghana, du Kenya et de l'Ouganda — de quitter le territoire cambodgien avant le 31 mai 2026. Une décision sèche, sans appel, qui laisse aux concernés moins de 72 heures pour plier bagage ou faire face à des conséquences judiciaires sévères.

Un ultimatum aux contours migratoires — et des soupçons de cybercriminalité
Le document officiel cambodgien est formulé en termes migratoires : il rappelle les obligations de séjour et les lois sur l'immigration, annonçant la fin des «mesures de tolérance» accordées jusqu'ici à ces communautés africaines. Tous ceux qui ont déjà régularisé leurs pénalités administratives doivent quitter le pays «impérativement» avant l'échéance. À compter du 1er juin 2026, toute personne concernée encore présente sur le sol cambodgien pourra être «interpellée à l'aéroport ou dans toute autre localité du pays».
Les sanctions prévues sont d'une sévérité qui ne laisse aucune place à l'ambiguïté : deux ans d'emprisonnement et une amende de 8 000 dollars américains — à payer avant même de pouvoir quitter le Cambodge. Des opérations de contrôle sont annoncées sur l'ensemble du territoire pour identifier et appréhender les étrangers en situation irrégulière.

Bien que l'avis officiel se cantonne au registre migratoire, plusieurs publications relayées sur les réseaux sociaux évoquent des soupçons de cybercriminalité visant les ressortissants africains concernés — une accusation qui, si elle se confirme, placerait cette expulsion collective dans un contexte pénal bien plus grave. Des Camerounais accusés de cyber-escroquerie depuis le sol asiatique — un phénomène qui, ces dernières années, a alimenté la chronique judiciaire dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, le Cambodge étant devenu l'un des principaux hubs mondiaux des centres d'arnaque en ligne.


Cette expulsion collective de ressortissants camerounais du Cambodge soulève des questions auxquelles les autorités camerounaises ne peuvent pas rester indifférentes. D'abord, la question consulaire : le Ministère des Relations Extérieures à Yaoundé — dont Jeune Afrique avait récemment révélé la crise financière profonde, avec des ambassades incapables de payer leurs loyers — dispose-t-il des ressources et des canaux diplomatiques nécessaires pour accompagner et protéger ses ressortissants dans cette situation d'urgence à plus de 10 000 kilomètres ? Ensuite, la question judiciaire : si les accusations de cybercriminalité sont fondées, le Cameroun devra-t-il envisager des coopérations judiciaires avec les autorités cambodgiennes ?

Dans un pays où la cybercriminalité est déjà au cœur de nombreuses procédures judiciaires internes — comme en témoigne la convocation de Georges-Gilbert Baongla en avril dernier pour «cybercriminalité et diffamation» — cette affaire cambodgienne rappelle que les frontières numériques du crime ne s'arrêtent pas aux frontières géographiques du Cameroun.


À l'heure où nous publions, le délai fixé par les autorités cambodgiennes expire ce soir même — le 31 mai 2026. Les Camerounais encore présents sur le territoire cambodgien ont jusqu'à minuit pour prendre un avion ou faire face aux conséquences annoncées. La question de leur rapatriement — volontaire ou forcé — et de leur prise en charge par les autorités consulaires camerounaises reste entière.