Actualités of Friday, 29 August 2025

Source: www.camerounweb.com

Mauvaise nouvelle: Pourquoi l’opposition est-elle condamnée à perdre

« L’opposition la plus bête d’Afrique ? » Le titre provocateur de Jeune Afrique a fait réagir, mais il résume un constat implacable : à quelques semaines de la présidentielle du 12 octobre, les opposants camerounais semblent condamnés à répéter les mêmes erreurs. Entre candidatures multiples, absence de leadership clair et méfiance envers Maurice Kamto, le président sortant, Paul Biya, a toutes les chances de l’emporter une nouvelle fois. Jeune Afrique décrypte les failles d’une opposition qui, malgré ses espoirs, semble jouer contre elle-même.
Avec plus de dix candidats en lice, l’opposition camerounaise est une nouvelle fois victime de sa fragmentation. Jeune Afrique a analysé les programmes et les stratégies des principaux prétendants : aucun ne semble capable de fédérer au-delà de son propre électorat. Pire, certains, comme Issa Tchiroma Bakary ou Bello Bouba Maïgari, sont perçus comme des « recyclés » du système Biya, ce qui limite leur crédibilité auprès des militants.


Un opposant historique, interrogé par Jeune Afrique, dénonce : « On refait les mêmes erreurs qu’en 2018. Au lieu de s’unir, chacun veut être le sauveur. Résultat : Biya gagne sans effort. » Les calculs sont sans appel : avec une opposition divisée, le RDPC n’a besoin que de 35 à 40 % des voix pour l’emporter, un score largement à sa portée.

L’appel d’Akere Muna pour une candidature unique est resté lettre morte. Jeune Afrique a appris que les négociations entre les opposants ont achoppé sur des questions d’ego et de méfiance. « Personne ne veut céder sa place, et tout le monde craint d’être trahi », confie un médiateur politique. Maurice Kamto, bien que central dans les discussions, refuse de soutenir officiellement un candidat, par peur de perdre son influence.


Pourtant, des documents obtenus par Jeune Afrique montrent que des pourparlers ont eu lieu entre Kamto et Akere Muna pour un retrait stratégique. « Kamto voulait que Muna se retire en sa faveur, mais Muna a refusé, estimant que Kamto était trop polarisant », révèle une source. Un dialogue de sourds qui a scellé l’échec de l’union.

Les partisans de Kamto misent sur un scénario révolutionnaire : une consigne de vote de dernière minute qui déclencherait un raz-de-marée contre Biya. Mais Jeune Afrique a interrogé des experts électoraux, qui jugent ce plan « irréaliste ». « Pour qu’un candidat l’emporte au premier tour, il faut une mobilisation massive et une désorganisation totale du RDPC. Rien ne le laisse présager », explique un analyste.


Un membre du RDPC, sous couvert d’anonymat, va plus loin : « L’opposition croit que nos militants vont nous lâcher. Mais nous avons des réseaux solides, et Biya reste un symbole pour beaucoup. » Jeune Afrique a obtenu des données internes montrant que le parti a renforcé ses structures locales, avec des observateurs dans chaque bureau de vote pour limiter les fraudes… et les surprises.

Les opposants comptent sur les jeunes et les réseaux sociaux pour créer un « effet Kamto ». Pourtant, Jeune Afrique révèle que les campagnes digitales de l’opposition restent désorganisées, tandis que le RDPC a investi massivement dans des influenceurs pro-Biya. « On nous parle de révolution, mais sans moyens, sans stratégie claire, c’est du vent », déplore un militant.
Un rapport confidentiel, consulté par Jeune Afrique, montre que la participation des jeunes pourrait être historiquement basse, en raison d’un désintérêt croissant pour la politique. « Beaucoup préfèrent l’exil ou le boycott », note un sociologue. Un mauvais présage pour une opposition qui mise tout sur la rue.

À moins d’un coup de théâtre, la présidentielle du 12 octobre s’annonce comme un nouveau triomphe pour Paul Biya. Jeune Afrique a démontré que l’opposition, minée par ses divisions et son manque de pragmatisme, a une fois de plus raté sa chance de s’unir. Le « grand soir » tant espéré par Maurice Kamto et ses partisans risque de se transformer en un nouveau réveil douloureux.