Selon des informations exclusives, le président Paul Biya aurait personnellement donné instruction à ses collaborateurs de « régler les comptes » de Maurice Kamto. L'événement déclencheur serait l'assaut sur l'Ambassade du Cameroun à Paris en janvier 2026, un épisode que le chef de l'État n'aurait toujours pas digéré.
La démission surprise de Maurice Kamto à la tête du MRC, annoncée mardi 8 septembre, pourrait trouver son origine dans une volonté politique venue du sommet de l'État. Selon des sources proches du dossier, Paul Biya n'aurait jamais pardonné à l'opposant l'épisode de l'assaut sur l'Ambassade du Cameroun à Paris, survenu le 24 janvier 2026.
Ce jour-là, une cinquantaine de militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) avaient pénétré de force dans la chancellerie du Cameroun à Paris, sous la direction d'Hervé Sissia, responsable du parti en France, et malgré le refus de l'ambassadeur, le général Jean-Pierre Biyiti Bi Essam. L'ambassadeur avait d'ailleurs été blessé lors de l'altercation, ce qui avait conduit le gouvernement camerounais à déposer une plainte en France contre les assaillants. Le 3 mars 2026, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné trois militants du MRC à des peines de prison avec sursis.
Paul Biya aurait confié à ses collaborateurs qu'il considère Maurice Kamto comme « ingrat », en référence aux postes qu'il lui aurait offerts par le passé. Selon les informations recueillies, le chef de l'État aurait alors donné instruction à son entourage de « régler les comptes » avec l'opposant.
Une pression administrative et judiciaire contre le MRC
Cette volonté politique se serait traduite par une série de pressions administratives et judiciaires visant le MRC. Le ministère de l'Administration territoriale, dirigé par Paul Atanga Nji, refusait de reconnaître les instances issues de la convention extraordinaire de décembre 2025 qui avait reconduit Maurice Kamto à la présidence du parti avec 95,44% des suffrages. Dans une correspondance datée du 19 août adressée à l'un des cadres exclus du parti, le MINAT justifiait cette position par l'interdiction préalable de la convention par le Sous-préfet de Yaoundé 4.
Parallèlement, des militants du parti, dont Willy Mengue, avaient saisi le Tribunal de première instance d'Ekounou pour contester la légalité du retour de Maurice Kamto après sa démission de juin 2025. Les plaignants estimaient que ce retour ne respectait pas les statuts du parti, qui prévoient notamment un délai de 60 jours pour constater une vacance et organiser une nouvelle élection.
Avec la démission de Maurice Kamto et de son premier vice-président Mamadou Mota, le pouvoir semble avoir atteint son objectif. Le MRC est désormais contraint d'organiser une convention extraordinaire le 10 octobre pour élire un nouveau président, dans un calendrier serré qui pourrait fragiliser le principal parti d'opposition à l'approche des échéances électorales de 2027.









