Actualités of Monday, 17 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Méchanceté : voici réellement comment Paul Biya dirige le Cameroun

Paul Biya Paul Biya

Invité de l'émission DASH TALK sur Dash TV, l'analyste Nadal Gbenkom a livré une charge sans concession contre le président Paul Biya, l'accusant de diriger le Cameroun « par méchanceté » et de vider la Constitution de sa substance. Selon lui, le chef de l'État a délégué ses pouvoirs, modifié la Constitution pour créer un poste de vice-président non élu, et laissé les Camerounais dans l'ignorance de leur avenir politique.

Nadal Gbenkom a d'abord évoqué la situation post-électorale de 2018 : « Une fois qu'il a obtenu la majorité relative lui permettant de rester président de la République, il a délégué ses pouvoirs au secrétaire général de la présidence. »

Il a comparé cette attitude à celle de quelqu'un qui, après avoir réclamé une bouteille d'eau avec force, la remet à une autre personne. « Vous dites alors que c'est un dirigeant qui n'a pas véritablement de vision et qui fait les choses par méchanceté. »

Une promesse non tenue
L'analyste a ensuite évoqué l'élection de 2025 : « Avant cette élection, il a promis aux Camerounais qu'il serait là, qu'il ferait tout pour eux et qu'il les protégerait. » Une fois réélu, il a modifié la Constitution pour créer un poste de vice-président.

« C'est déjà, selon moi, une atteinte grave à la Constitution, puisque celle-ci encadre strictement ce type de modification au sein de l'exécutif et de la plus haute institution de l'État », a-t-il déclaré.


Nadal Gbenkom a pointé le problème central : « Le président de la République a ainsi créé un poste de vice-président qui, lui, n'est pas élu par les Camerounais. Donc, s'il advenait qu'il démissionne ou disparaisse, et qu'un vice-président soit nommé, ce serait un vice-président que les Camerounais ne connaissent ni d'Adam ni d'Ève. »

Une analyse qui rejoint les craintes de nombreux observateurs : la révision constitutionnelle d'avril 2026 a ouvert la voie à une succession sans légitimité populaire, confiant à un homme non élu le pouvoir de constater la vacance du pouvoir et d'assurer l'intérim.