Actualités of Friday, 27 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Lourdes sanctions: Samuel Eto'o va frapper fort

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En quittant la pelouse du Stade Militaire de Yaoundé avant le terme de la rencontre face à la Panthère Sportive du Ndé, la Colombe Sportive du Dja et Lobo ne s'est pas seulement privée d'un trophée. Elle s'est également exposée à un arsenal de sanctions prévues par les textes de la FECAFOOT. Richard Naha, journaliste bien introduit dans les cercles fédéraux, en détaille les contours.

Le coup de colère de la Colombe pourrait lui coûter très cher. Si la direction du club de Sangmélima a défendu son retrait de la pelouse comme un acte de résistance face à un arbitrage qu'elle juge "compromis", les règlements de la Fédération Camerounaise de Football, eux, ne font pas dans la nuance. Boycotter un match, quelle qu'en soit la raison, constitue une faute grave passible de multiples sanctions cumulables.

Selon les statuts de la FECAFOOT, une équipe qui se retire volontairement d'une rencontre en cours s'expose d'abord à la perte du match sur tapis vert, avec un score de 3-0 homologué en faveur de l'adversaire. Mais ce n'est qu'un début. Le club fautif peut également se voir infliger une amende financière significative, une déduction de points au classement, voire une suspension de compétitions nationales ou internationales. Dans les cas jugés les plus graves, l'exclusion pure et simple de la compétition n'est pas exclue.

Par ailleurs, les règlements fédéraux sont clairs sur le comportement attendu des joueurs en cours de match : respect des décisions arbitrales, contrôle de soi, refus de contester publiquement les sentences de l'arbitre. Or, le retrait collectif orchestré par Richard Towa et ses joueurs à la 70e minute constitue, techniquement, un refus d'obéir aux instructions de l'arbitre — l'une des fautes expressément sanctionnées par les textes en vigueur.

Richard Naha le rappelle avec fermeté : si les erreurs d'arbitrage sont une réalité inhérente au football — les arbitres étant des êtres humains faillibles —, les règles du jeu imposent aux équipes et aux joueurs d'accepter ces décisions, même imparfaites, pour préserver l'intégrité de la compétition. En l'absence de VAR dans le championnat camerounais, aucun mécanisme de recours immédiat n'existe sur le terrain. La seule voie reconnue reste celle des instances.

C'est précisément ce qu'a tenté de faire valoir la Colombe dans son communiqué officiel, en appelant à "la clairvoyance des dirigeants de la FECAFOOT pour rétablir la justice." Reste à savoir si cet appel aux institutions suffira à atténuer les sanctions, ou si la fédération choisira d'appliquer ses textes à la lettre, sans considération pour le fond du grief.


Car si la Colombe est punie sans que ses accusations d'arbitrage biaisé ne soient sérieusement examinées, le message envoyé à l'ensemble des clubs camerounais sera dévastateur : se taire face à l'injustice ou en assumer seul les conséquences. Un choix que le football camerounais, déjà en proie à une crise de crédibilité profonde, ne peut pas se permettre d'imposer.