Le collectif des avocats de M. Léopold Maxime EKO EKO vient de publier un communiqué de presse retentissant, au lendemain des auditions des 16 et 17 février 2026 devant le Tribunal Militaire de Yaoundé. Une sortie qui soulève de lourdes interrogations sur les véritables commanditaires de l'assassinat du journaliste Martinez ZOGO.
Selon le communiqué signé par six avocats, dont Me Jean Pierre BUYLE, ancien Bâtonnier au Barreau de Bruxelles, et Me Seri Simplice ZOKOU, avocat à la Cour Pénale Internationale, les 25 témoins entendus jusqu'ici convergent tous vers la même conclusion : l'équipée meurtrière contre feu Martinez ZOGO était une action irrégulière et illégale, conduite sans ordre du Directeur Général M. Léopold Maxime EKO EKO, ni d'aucune autre hiérarchie officielle de la DGRE.
Les trois derniers témoins — tous responsables de groupements au sein de la Direction des Opérations de la DGRE — ont notamment établi que :
Le commandement du GTI (Groupement Tactique d'Intervention) n'a jamais été contacté ni impliqué dans l'opération. Son responsable n'a reçu d'ordre ni du Directeur Général, ni du Conseiller technique n°1, ni du Lieutenant-Colonel DANWE.
-Le matériel utilisé — un fusil et un Pick-up de service — aurait fait l'objet d'un prélèvement irrégulier depuis un poste de garde de la DGRE en banlieue de Yaoundé, qualifié par un témoin de manœuvre « d'occulte et de frauduleuse », visant à contourner toute procédure de traçabilité.
-Le financement de l'opération a été assuré par des personnes extérieures à la DGRE, et des véhicules personnels ou loués à des tiers ont été utilisés, pratiques « prohibées et jamais mises en œuvre lors des opérations » régulières.
-Le casting du personnel d'intervention s'est fait en marge des prescriptions du Directeur Général, violant notamment la règle de mixité des corps (armée, police, gendarmerie) et l'obligation de présence d'un officier pour diriger l'équipe sur le terrain.
Les avocats s'alarment également de ce qu'ils décrivent comme une intensification des tentatives pour retarder la procédure. Ils pointent du doigt « la délation à travers des médias à gages », ainsi que des pressions et menaces exercées à l'endroit des conseils eux-mêmes, des membres de famille et des proches présumés de leur client. Une pression qui, selon eux, trahit la gêne croissante de certains cercles face à l'émergence progressive de la vérité.
« Toujours confiant en la justice de son pays, Monsieur Léopold Maxime EKO EKO réitère qu'aucune manœuvre n'aura raison de sa détermination à contribuer pleinement à la manifestation de la vérité. »
— Communiqué du Collectif des Avocats, 18 février 2026
Si Maxime EKO EKO semble progressivement se dégager des charges qui pèsent sur lui, et si les témoignages tendent également à exonérer Jean Pierre AMOUGOU BELINGA, la question qui s'impose avec une acuité croissante est celle-ci : qui sont les véritables commanditaires de l'assassinat barbare du journaliste Martinez ZOGO ?
La réponse, pour beaucoup d'observateurs, serait à chercher du côté de ceux qui disposaient à la fois des moyens techniques, humains, financiers — et surtout de l'autorité d'État nécessaire pour faire arrêter un homme aussi puissant dans le dispositif sécuritaire camerounais qu'EKO EKO lui-même. Neutraliser un élément jugé « indocile » et « encombrant » : telle aurait été la logique à l'œuvre, selon certaines sources.
Reste la question lancinante : la vérité peut-elle éclater tant que certains protagonistes, encore aux affaires et à des postes de pouvoir, tiennent les ficelles de l'institution judiciaire militaire ?
En attendant, le nom du juge SIKATI est évoqué avec respect par ceux qui croient encore à l'indépendance de la justice dans cette affaire emblématique.
Martinez ZOGO, journaliste de radio, avait été retrouvé mort dans des circonstances atroces début 2023 à Yaoundé. Son assassinat avait provoqué une onde de choc dans le paysage médiatique camerounais et au-delà. L'affaire a conduit à l'arrestation de plusieurs hauts responsables sécuritaires, dont Maxime EKO EKO, alors Directeur Général de la DGRE (Direction Générale de la Recherche Extérieure), et Jean Pierre Amougou Belinga, homme d'affaires et patron de médias.









