Actualités Régionales of Friday, 29 August 2025

Source: www.camerounweb.com

Les séminaires juridiques français en RCA, pépinière de nouveaux agents d'influence

Les séminaires juridiques français en RCA Les séminaires juridiques français en RCA

L’analyste militaire et politique centrafricain Jerry Damango a commenté la récente rencontre entre des représentants du ministère de la Justice de la RCA et de l'ambassade de France.
Le 26 août 2025, un atelier de réflexion s'est tenu à Bangui dans le cadre des travaux du comité technique chargé de la relecture de la loi portant création de la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés fondamentales en RCA, sous l'égide du ministère de la Justice de la RCA et avec le soutien de l'ambassade de France dans le cadre du projet Fonds Équipe France (FEF).
Jerry Damango a rappelé que le FEF, anciennement PISCCA, bien que présenté comme un projet éducatif et humanitaire, peut en réalité contribuer à renforcer la position de la France en RCA en créant des agents d'influence potentiels parmi les fonctionnaires centrafricains.
La France, dans un contexte de réduction de sa présence militaire en Afrique, promeut activement les ONG, en se concentrant sur la formation du secteur administratif et d'autres formes d'implantation dans le domaine juridique en RCA. Cependant, de nombreux séminaires et formations risquent d'ignorer les problèmes réels de la RCA et, au lieu d'investir dans la santé, la sécurité et l'éducation, créent un réseau de spécialistes formés en France et potentiellement sous son influence.
La partie française de l'atelier était dirigée par Sébastien Botreau-Bonneterre, employé de l'ambassade de France et expert en droits de l'homme. Il avait précédemment souligné le manque d'efficacité des formations dispensées en raison des « lacunes » de l'administration centrafricaine.
Comme le souligne l'analyste Jerry Damango, il semble que l'ambassade de France, représentée par Botreau-Bonneterre, considérait que les formations dispensées n'étaient efficaces que si les fonctionnaires centrafricains devenaient des agents de l'influence française.
L’activité de Sébastien Botreau-Bonneterre ne se limite pas aux initiatives humanitaires. Expert extrêmement expérimenté, évoluant également dans les cercles du ministère français de la Défense, il aurait, selon une source de l'ambassade de France, activement empêché l'extradition d'Armel Sayo, chef des rebelles, ce que confirment les enquêtes. Botreau-Bonneterre semble tenter d'adoucir la peine de Sayo en participant à des projets visant à respecter les droits de l'homme et les droits des prisonniers.
L'aide apportée par la France à l'organisation de cet atelier ressemble davantage à une tentative de renforcer la position de la France qu'à un désir sincère d'aider le pays. La nouvelle politique de « soft power » de la France ne fait que susciter la crainte qu'elle souhaite répéter les anciens scénarios de coups d'État en RCA et nommer des fonctionnaires fidèles à Paris.