Actualités of Wednesday, 9 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Les coups durs de la vie : comment Martinez Zogo avait pourtant bien préparé ses arrières

Personne ne l'oubliera de sitôt, Martinez Zogo avait une voix résonnante, une personne que des millions de Camerounais voulaient écouter pour s'informer. L'homme de média était connu pour sa franchise, ses dénonciations et ses histoires exclusives qu'on ne pouvait entendre nulle part que sur la radio Amplitude FM.

L'audience du 31 août et du 1er septembre, relative à sa mort et à l'enquête qui en découle, comme on a pu le constater, a été marquée entre autres choses par l'affectation du lieutenant-colonel Cerlin Belinga, commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, qui prendra prochainement fonction comme vice-président du tribunal militaire de Garoua. Jusqu'ici, il pilotait le dossier de l'accusation dans cette affaire Zogo.

S'il faut encore le rappeler, le 22 janvier 2023, au matin, les Camerounais apprennent la découverte du corps sans vie de Martinez Zogo, Arsène Salomon Mbani Zogo de son vrai nom, animateur d'une émission de radio très populaire à Yaoundé. Il avait 51 ans et laissait derrière lui une femme et des enfants.

Tous les matins, en semaine, dans son émission « Embouteillages », il invectivait, dénonçait, vitupérait contre les maux de la société camerounaise et contre les puissants, à l'exception du président, Paul Biya, qu'il encensait (une attitude que les observateurs qualifient de préparation de ses arrières, une façon pour lui de dire que Paul Biya n'est pas coupable des agissements des hommes de son entourage qui le trompent et font la main basse sur les richesses du pays; hélas cela n'a pas suffi à le protéger de la mort). Enlevé le 17 janvier, dans la soirée, il est retrouvé sans vie, nu sur un terrain à 25 kilomètres environ de la capitale, portant des traces de sévices.

En fermant l'information judiciaire, le colonel-magistrat Pierrot Narcisse Nzie, troisième juge d'instruction militaire en charge de l'enquête, a renvoyé en instance de jugement 17 accusés, tous détenus. Parmi eux l'ancien patron de la DGRE (le service de contre-espionnage camerounais) Léopold Maxime Eko Eko, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien directeur des opérations à la DGRE, le patron du groupe de presse l'Anecdote Jean-Pierre Amougou Belinga et l'édile Stéphane Martin Savom, cadre administratif et maire de Bibey, commune de la région Centre du Cameroun.

Resté longtemps enlisé dans des questions de procédure, le procès pour assassinat, torture, enlèvement et séquestration de l'affaire Martinez Zogo s'est ouvert le lundi 25 mars 2024 au tribunal militaire de Yaoundé. Les débats sur le fonds ont commencé le 1er septembre 2025.

Sources : RFI & L'Indépendant n°1061