Actualités of Friday, 11 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Les choses de la République: Indira Baboke, admise à la Fonction publique et affectée à Bertoua

Image illustrative Image illustrative

Le Dr Indira Baboke Tamboulo Eden, fille d’Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence de la République, fait partie des médecins généralistes admis au concours de recrutement spécial de la Fonction publique, session 2026. Elle est affectée au Centre Hospitalier Régional de Bertoua. Une admission qui ravive le débat sur le mérite et le népotisme au Cameroun.

C’est une décision qui n’est pas passée inaperçue. Dans une décision signée le 10 septembre 2026, le ministre de la Santé publique a procédé à l’affectation des lauréats du concours direct des 28 et 29 mars 2026 pour le recrutement de médecins généralistes dans les corps des fonctionnaires de la Santé publique. Parmi les noms figurant sur la liste, celui d’Indira Baboke Tamboulo Eden, affectée au Centre Hospitalier Régional de Bertoua .



Née le 9 juillet 2002 à Dimako, dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est Cameroun, Indira Baboke est la fille de Crescence Baboke, pasteure, et d’Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence de la République . Titulaire d’un GCE Advanced Level Sciences en 2017, elle s’est inscrite à la Faculté de médecine et de sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé 1. Le 16 juin 2025, elle a soutenu sa thèse de doctorat en médecine sur le thème « Devenir et qualité de vie des patients opérés pour malformations vasculaires intracrâniennes à l’hôpital général de Yaoundé », obtenant une mention spéciale du jury .



Son parcours n’a pas été linéaire. Son père, Oswald Baboke, a lui-même révélé publiquement qu’elle avait échoué à son premier concours d’entrée en faculté de médecine : « Mademoiselle Indira a présenté le concours d’entrée à la faculté de médecine deux fois. La première fois, elle a échoué » . Il a également affirmé avoir refusé des offres de « faciliter » le parcours de sa fille : « Certains lui auraient proposé de payer pour la faire avancer mais il a été contre » .



L’admission d’Indira Baboke intervient dans un contexte où les questions de mérite et d’égalité d’accès à la Fonction publique sont particulièrement sensibles au Cameroun. En avril 2026, la visite du Pape Léon XIV au Cameroun avait été précédée d’une lettre ouverte virale dénonçant un « favoritisme flagrant » et une « reproduction sociale programmée » où l’accès à la haute fonction publique serait « réservé à une élite » .

Pour ses défenseurs, le parcours d’Indira Baboke témoigne au contraire d’un mérite personnel. Un article d’Actu Cameroun intitulé « Indira Baboké : le mérite face aux préjugés » dénonce ceux qui « se permettent aujourd’hui de diffamer, d’injurier et de salir gratuitement le Dr. Indira Baboke, simplement parce qu’elle est la fille de Oswald Baboke » . Le texte souligne qu’elle a suivi sa propre voie, refusant la facilité : « Si elle avait voulu emprunter des raccourcis, les portes auraient pu s’ouvrir autrement. Mais elle a fait un choix rare et courageux, celui du travail, de la rigueur et du mérite » .



La question centrale, pour de nombreux observateurs, n’est pas tant de savoir si Indira Baboke est compétente que de déterminer si, dans un système où les places sont rares et les passe-droits nombreux, une fille de haut responsable peut être jugée sur son seul mérite . Son affectation à Bertoua, loin des grands centres urbains, pourrait être interprétée comme un signe de conformité aux règles administratives.