Actualités of Wednesday, 18 February 2026
Source: www.camerounweb.com
C'est une bombe lâchée en pleine réunion de coordination. Ce lundi à Touboro, dans le département du Mayo-Rey, le maire UNDP de la ville, Célestin Yandal, a brisé l'omerta en accusant publiquement les magistrats du tribunal de Tcholliré de remettre en liberté des bandits pourtant arrêtés en flagrant délit, déférés au parquet avec des preuves matérielles irréfutables. Devant les autorités locales et les forces de sécurité réunies, l'édile n'a pas mâché ses mots : il dit ne tout simplement pas comprendre comment des malfaiteurs solidement ficelés par les gendarmes et policiers ressortent libres du palais de justice quelques jours à peine après y avoir été conduits.
Le tableau dressé par le maire est aussi précis qu'alarmant. Dans les zones rurales du Mayo-Rey, les forces de défense tiendraient le terrain et maintiendraient tant bien que mal un semblant de sécurité. Mais en ville, à Touboro même, le travail des officiers de police judiciaire serait systématiquement réduit à néant par des décisions judiciaires incompréhensibles. Des flagrants délits, des preuves matérielles, des dossiers solides — et des accusés qui retrouvent la rue comme si de rien n'était. Un signal dévastateur envoyé aux populations comme aux criminels.
Dans les rues de Touboro, la conclusion est déjà tirée depuis longtemps : les magistrats de Tcholliré seraient corrompus, transformant leurs fonctions en véritables comptoirs où la liberté s'achète au prix fort. Une justice à la carte, qui libère le soir ceux que la gendarmerie a arrêtés le matin. Si ces accusations s'avèrent fondées, c'est toute la chaîne pénale qui est gangrenée — et avec elle, le peu de confiance que les populations du Nord Cameroun accordaient encore à leurs institutions.
Le maire Célestin Yandal a eu le courage de dire tout haut ce que tout le monde murmure tout bas. La question est désormais de savoir si Yaoundé entendra cet appel au secours — ou laissera Tcholliré continuer à faire ses affaires.