Un crime vieux de 47 ans refait surface : dans la nuit du 7 au 8 juin 1979, la famille Simon Mpondo (père, mère, enfant de 3 ans et un bébé) est sauvagement assassinée à Bonabéri. Deux hommes, Sylvestre Ndjomzeu (20 ans) et Oumbé (23 ans), gardiens de la famille, sont accusés du massacre et exécutés en 1987 malgré leurs protestations d’innocence. Pourtant, des zones d’ombre persistent : une haute personnalité aurait prévenu le père de Simon Mpondo, lui reprochant de ne pas avoir "parlé à son fils". Une affaire étouffée par une justice expéditive et une presse aux ordres, où les vrais commanditaires n’ont jamais été identifiés. Un scandale judiciaire qui hante toujours le Cameroun.
Dans la nuit du Jeudi 7 juin au Vendredi 8 juin 1979, une famille est décimée à Bonaberi à Douala aux environs du Lycée polyvalent. Le père, la mère et leur enfant de 3 ans sont sauvagement assassinés et leurs corps jetés dans une fosse. Même le chien n’a pas été épargné.
Le bébé âgé de quelques mois est enfermé dans une armoire. Il sera assassiné quelques jours plus tard dans une clinique de la place.
Les responsabilités de ces assassinats odieux sont jetés sur Sylvestre Ndjomzeu âgé de 20 ans, gardien chez les Mpondo et son ami Oumbé âgé de 23 ans. Ils seront arrêtés de manière providentielle, hasardeuse à Bameka dans la région Ouest où ils s’étaient retirés.
Après l’élimination de Simon Mpondo et sa famille, une haute personnalité de la République ira en personne rendre visite au père de Simon Mpondo qui était son ami et conseiller. Il lui dit alors : « Je t’avais demandé de parler à ton fils ! On aurait évité ce drame si tu l’avais fait ».
Le père de Simon Mpondo ne va pas survivre à la mort de son fils. En effet, Simon était l’enfant qu’il aimait et chérissait le plus, celui qui lui avait coûté le moins cher disait-il, c’était son héritier.
Il va se laisser mourir petit à petit. Il va rendre l’âme 1981 alors qu’il avait décidé de faire une grève de la faim (Décembre 1980 -Avril 1981). Son épouse va le suivre quelques années plus tard, en 1984.
Tout a été mis en place pour faire taire la fratrie Mpondo qui souhaitait obtenir justice.
Traquée, la grande fratrie Mpondo va subir des décennies après une série de drames inexplicables.
Ndjomzeu et son ami Oumbé sont condamnés à mort et seront exécutés en 1987 après que la grâce présidentielle leur soit refusée ; ils ne doivent pas parler. Ils sont en réalité des boucs émissaires utilisés par la justice pour couvrir les véritables coupables.
Au petit matin du 28 août 1987, Njomzeu et Oumbé sont réveillés par leurs geôliers de la prison de New-Bell.
Lorsqu’ils voient la présence inhabituelle des gendarmes, ils comprennent aussitôt que le glas a sonné. Ils sont conduits sur le lieu de l'exécution. On leur apporte à manger mais ils refusent ce dernier repas et préfèrent plutôt qu’on leur apporte à boire.
On leur sert aussi des cigarettes; seul Njomzeu en prend et garde le paquet jusqu’au poteau. Ils s’entretiennent une dernière fois avec leur avocat , Me Ngon à Bidas.
Envahi par la peur, Njomzeu proteste : “Je ne m'agenouille pas et ne me bandez pas les yeux”. “Je fais partie de ceux qui ont tué mais je n’ai pas tué !”, hurle-t-il. Agenouillé et attaché de force, il se met à pleurer et lâche: “ Je vous laisse avec votre Cameroun!”
Oumbe quant à lui est taciturne, il serre les mâchoires et semble se recueillir.
Ils sont conduits au poteau d'exécution et la vingtaine de militaires chargés de l'exécution se positionne. En joue ! Feu ! une rafale de balles étouffe les cris des condamnés.
La foule se met à applaudir. En effet, ils ont été fusillés sous les yeux de plusieurs centaines de spectateurs.
Les condamnés ont dit avec raison, une phrase pertinente bien avant leur exécution : “ Ce sont les journalistes qui ont aggravé notre cas !” ont-ils dit
Ils ont absolument raison, la presse visiblement aux ordres a mené une couverture biaisée de cette affaire, présentant Njomzeu et Oumbe comme des assassins qu’il fallait absolument abattre, omettant volontairement de mener l’investigation sur les véritables mobiles et commanditaires du crime.
Ils ont été exécutés alors que le Cameroun n’éxécutait plus les condamnés à mort. C’est comme s’il était questi
on d’enterrer un secret.
Qui a tué la famille Mpondo ?
Je reviens sur l’assassinat de Simon Mpondo et sa famille dans mon livre : rivière de sang.
Disponible Yaoundé : 6 71 99 66 68
Librairie des peuples noirs, montée SNI,immeuble Don Bosco
Douala : 6 99 25 15 80 - 6 99 25 15 80









