Actualités of Sunday, 18 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2 International, le journaliste Souley Onohiolo a livré une critique sans concession de l'action du Premier ministre Joseph Dion Ngute et de la gestion de la crise anglophone par le gouvernement. Selon lui, aucune des résolutions du Grand Dialogue national de 2019 n'a été mise en œuvre, et Paul Biya « ne veut même pas régler la question anglophone », une situation d'autant plus grave qu'il est « presque en fin de règne ».
C'est une charge d'une rare violence. Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2 International, le journaliste Souley Onohiolo s'en est pris frontalement au Premier ministre Joseph Dion Ngute et à la gestion de la crise anglophone.
« Le Premier ministre fait pitié »
« Le Premier ministre fait pitié. Il est malheureux », a-t-il lancé d'emblée. Il a rappelé les débuts de Dion Ngute à la Primature en 2019 : « Quand il arrive en 2019, il effectue de nombreuses visites dans les régions anglophones. Il est adulé, il est célébré. Vous vous souvenez, avec l'organisation du Grand Dialogue national. »
Mais il a immédiatement posé la question qui fâche : « Mais quelles en sont les résolutions ? Aucune des résolutions du Grand Dialogue n'a été mise en œuvre. » Une manière de souligner l'écart entre les annonces et les actes.
« Paul Biya ne veut même pas régler la question anglophone »
Pour Souley Onohiolo, la responsabilité remonte plus haut que le Premier ministre. « On ne peut pas organiser le Grand Dialogue national, ne rien acter et dire maintenant qu'on commence à réduire le petit dialogue. Ce n'est rien », a-t-il poursuivi. Avant d'asséner : « Reconnaissons que Paul Biya, en réalité, ne veut même pas régler la question anglophone. D'ailleurs, il s'en fout. C'est encore plus grave maintenant qu'il est presque en fin de règne. »
Un constat partagé
Ces critiques rejoignent celles formulées par de nombreux observateurs et organisations de la société civile. Les résolutions du Grand Dialogue national de 2019 — décentralisation, statut spécial, reconstruction des régions anglophones — n'ont été que partiellement, voire pas du tout, mises en œuvre. Et la crise, qui dure depuis près de dix ans, continue de faire des victimes et de déplacer des populations.