Le Dr Rodolphe Fonkoua est accusé de favoriser une concentration régionale au sein du Conseil de l‘ONMC. 14 des 16 membres du Conseil seraient originaires de la région de l’Ouest, tandis que plusieurs autres régions seraient absentes de cette instance.
QUAND UNE INSTITUTION NATIONALE DONNE L'IMAGE D'UNE CONCENTRATION RÉGIONALE, C'EST TOUTE SA GOUVERNANCE QUI INTERPELLE.
Notre pays le Cameroun compte dix régions, une diversité humaine et culturelle qui devrait se refléter dans les grandes institutions nationales. Pourtant, la composition du Conseil de l'Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) soulève aujourd'hui de sérieuses interrogations sur la représentativité régionale et l'équilibre dans l'exercice du pouvoir.
Selon des chiffres qui circulent, sous L'impulsion du Dr. RODOLPHE FONKOUA:
14 des 16 membres du Conseil de l'Ordre seraient originaires de la région de l'Ouest. Si cette répartition est exacte, elle pose une question fondamentale : comment garantir l'impartialité, la confiance et la prise en compte des réalités de toutes les régions lorsqu'une instance nationale présente une telle concentration géographique ? Cette concentration est rapprochée de l'absence de représentants de plusieurs dont les 3 régions septentrionales, la Région du Sud, la région du Sud-Ouest et la Région du Littoral. Ça représente pas moins de 6 regions de notre triangle national absentes parmi les 29 médecins élus lors de l'Assemblée générale élective du 23 octobre 2026, les interrogations deviennent encore plus pressantes.
L'Ordre national des médecins est-il encore suffisamment représentatif de la diversité médicale du Cameroun ?
UN ORDRE PROFESSIONNEL AUX POUVOIRS CONSIDÉRABLES
L'ONMC, régi par la loi n° 90-36 du 10 août 1990, n'est pas une simple association corporative.
-Il tient le tableau de l'Ordre, sans lequel nul ne peut exercer.
-Il édicte la déontologie et exerce le pouvoir disciplinaire, jusqu'à la suspension ou la radiation d'un médecin.
-Son avis pèse dans l'ouverture et l'exploitation des structures de soins privées, et il influence les conditions dans lesquelles cliniques, assureurs et partenaires travaillent ensemble.
-Il fixe aussi les règles encadrant les missions médicales étrangères et les innovations comme la télémédecine.
Ces leviers touchent directement l'offre de soins, l'accès aux soins et l'équilibre économique du secteur.
Ces responsabilités sont essentielles : elles contribuent à protéger les patients, à garantir le respect des règles professionnelles et à préserver la confiance du public dans le corps médical.
QUELS SONT LES DANGERS D'UNE TELLE CONCENTRATION POUR NOTRE NATION ?
1- LE RISQUE DE FAVORITISME ET DE CONFLITS D'INTÉRÊTS
Lorsqu'une instance professionnelle est perçue comme dominée par un réseau régional étroit, le soupçon de favoritisme peut s'installer : certains médecins pourraient craindre d'être traités différemment selon leurs relations, leur parcours ou leur appartenance régionale. Même en l'absence de preuve d'abus, cette perception peut fragiliser la confiance dans les décisions de l'institution.
2- LE RISQUE DE MARGINALISATION DES AUTRES RÉGIONS
Le Nord, l'Adamaoua, l'Extrême-Nord, le Sud, le Sud-Ouest, le Littoral ont leurs propres réalités sanitaires. La répartition des médecins, les difficultés d'installation des structures de soins et les besoins des populations varient considérablement d'un territoire à l'autre.
Lorsque ces réalités sont insuffisamment représentées dans les instances nationales, le risque est de voir certaines préoccupations rester au second plan.
3-LE RISQUE D'UNE RÉGULATION PROFESSIONNELLE DÉSÉQUILIBRÉE
L'inscription au tableau, les procédures disciplinaires et les avis rendus dans le cadre des compétences de l'Ordre peuvent avoir des conséquences importantes sur la carrière des médecins et sur les opérateurs privés du secteur de la santé. Les cliniques privées et autres centres de santé peuvent facilement devenir le Business d'une seule région.
4-LE RISQUE DE FRACTURE DANS UNE INSTITUTION QUI DEVRAIT RASSEMBLER
Dans un pays composé de dix régions, aucune corporation nationale ne devrait donner le sentiment que la participation à sa gouvernance est réservée, de fait, à une partie du territoire.
Il ne s'agit pas d'exiger que chaque région dispose automatiquement d'un nombre identique de sièges, mais de réfléchir à des mécanismes garantissant une représentation plus équilibrée, sans sacrifier la compétence ni l'indépendance professionnelle.
LE DR FONKOUA FACE À LA QUESTION DE LA RÉGIONALISATION
La question est d'autant plus importante que la régionalisation figurait parmi les orientations annoncées par le Dr Rodolphe Fonkoua lors de sa campagne de 2023.
Aujourd'hui, la composition attribuée au Conseil de l'Ordre et les résultats électoraux rapportés appellent des explications.
- Comment concilier la régionalisation annoncée avec une instance dont 14 membres sur 16 seraient originaires de la même région ?
Le Dr Fonkoua doit pouvoir répondre à cette interrogation. Il appartient à l'ONMC de publier la composition officielle de ses instances et de présenter les mécanismes mis en place pour garantir l'égalité de traitement de tous les médecins.
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