Actualités of Wednesday, 28 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Le Cameroun prend 15 ans pour faire ce que les autres pays font en 40 jours

C'est cela le paradoxe et la mauvaise organisation explicable par le manque d'ambition ou de détermination chez les autorités du pays. Paul Biya ne se soucie que d'une chose depuis un moment, nous a-t-on confié à plusieurs reprises au sein du sérail : c'est de rester en vie.

Les informations qui nous parviennent sont sans aucun doute révélatrices, les collaborateurs directs du président de la République lui évitent de trop réfléchir ou de se donner beaucoup de soucis qui ne sont plus souhaitables pour son état de santé. À 92 ans, Paul Biya, plus vieux dirigeant encore au pouvoir dans le monde, ne doit plus avoir à creuser les méninges.

Les grandes décisions sont donc prises par les barons du régime qui ont sa confiance et l'homme lui-même n'intervient que très rarement, lorsqu'il est obligé de le faire, vu les circonstances et l'importance de l'événement. C'est désormais la routine au palais présidentiel d'Etoudi (Yaoundé).

Entre-temps, ce laxisme et ce manque d'implication du premier responsable camerounais a visiblement contaminé tout son gouvernement. Presque tous les ministères fonctionnent au ralenti. Les travaux prennent un temps fou pour se réaliser.

Par exemple, au Burkina Faso, la construction de la nouvelle autoroute Ouagadougou – Bobo-Dioulasso est déjà très avancée en seulement quarante jours. Selon les autorités du pays, cette voie fait en tout 232 kilomètres sur les 332 qui ont été nettoyés en seulement 40 jours.

Au Cameroun, rappelle un observateur avisé, cela fait plus de 15 ans que l'autoroute Yaoundé-Douala, qui, soit dit en passant, est l'une des plus chères au monde, est seulement à 60 kilomètres. Les faits sont là, sauf pour ceux qui refusent de les voir. Le pays traine et les conditions de vie des citoyens peinent à s'améliorer.

Paul Biya a obtenu un énième mandat grâce à l'élection présidentielle du 12 octobre passé. Il gagne ainsi sept ans supplémentaires à la tête du pays pour continuer de diriger les affaires comme il le fait depuis un moment.