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General News of Wednesday, 30 September 2015

Source: Aurore Plus

La tombe de Ruben Um Nyobe n’a plus d’épigraphes


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Méconnaissable est désormais le tombeau de l’un des plus grands leaders de la cause indépendantiste et de la lutte contre l’oppression au Cameroun. Plus de nom, ni de date de naissance et de décès. Le constat est fait lors d’un reportage dans l’arrondissement d’Eseka samedi le 26 septembre 2015.

Il est 1oh 30. Nous dévalons d’un pas pressé les marches du bus qui nous permettent de fouler le sol de Boumnyebel dans l’arrondissement d’Eseka. Ce samedi 26 septembre 2015, le climat est doux.

Pas de soleil ni de pluie. La ville vibre au rythme des cris des commerçants ambulants. Les yeux rivés sur ceux-ci, nous marquons un arrêt pour nous assurer que nous sommes bel et bien sur le chemin qui mène vers la tombe de Ruben Um Nyobe. Les commerçants renseignent qu’il faudra encore parcourir près de 40 km. Ruben étant enseveli au cimetière construit par l’Eglise Presbytérienne du Cameroun (Epc).

Précisément au quartier «Si j’étais riche». La localité la plus peuplée d’Eseka, d’après les riverains. Rassurés, nous montons de nouveau à bord d’un autre bus. La route est étroite et parsemée de nids de poule. Après avoir parcouru une distance qui nous a semblé interminable, nous arrivons enfin à bon port. Bergeline Domou, le guide nationaliste avec qui nous menons cette aventure qu’accompagnaient des historiens, nous devancent et pénètrent dans le cimetière où repose Ruben Um Nyobe.

Un cimetière qui se confond à une forêt. Des herbes y ont fait leur lit. Ce sont quelques tombes carrelées de blanc, sur lesquelles des croix de Jésus de Nazareth sont apposées qui confirment que nous sommes dans un cimetière. Nous avançons à pas de tortue. Evitant les piqûres de fourmis. « Nous sommes sur la tombe de Ruben », lance soudain le guide.

Son exclamation provoque des cris, des murmures. Il pointe du doigt le caveau fait de marbre. Des fleurs blanches déposées montrent que la tombe a récemment reçu des visiteurs. Seulement, impossible pour un inconnu de certifier qu’il s’agit bel et bien du tombeau de Ruben Um Nyobe.

Il n’y a plus d’écriteau qui porte le nom du défunt, les dates de naissance et de décès. Nous nous en tenons aux seules affirmations de Bergeline Domou, le guide. Elle est une habituée du coin. Voilà plus de cinq années qu’elle y conduit de jeunes Camerounais désireux de connaître l’histoire de leur pays.

Plus proche de la famille Um Nyobe que nous autres, elle soutient : «c’est une association qui a oeuvré pour refaire la tombe de Um Nyobe en marbre… Sans doute c’est à l’issue des travaux que les épigraphes ont disparu », a-t-on laissé entendre plus loin. Une réponse tout de même curieuse et étonnante. «Je n’arrive pas à assimiler ces propos.

Est-ce les moyens qui manquent pour de nouveau inscrire le nom d’Um Nyobe sur sa tombe ? Ce monsieur a joué un rôle immense au Cameroun. Le minimum serait que l’Etat par le biais de son Ministère des Arts et de la Culture oeuvre dans le sens de la reconnaissance des grandes figures de l’histoire.

Ce qui passe par des petits détails sus-évoqués. Nous sommes là, face à une tombe méconnaissable et perdue parmi les autres dans ce coin perdu d’Eseka», ainsi se sont exprimés en guise d’interpellation des jeunes avec lesquels nous étions. Impossible d’avoir plus d’éclairages à ce propos venant de la veuve Ngo Mayag Marthe Françoise Georgette (deux prénoms que lui a donnés son mari, lui-même se faisant appeler François Georges jadis).

Un tour effectué à son domicile sis à Boumnyebel nous renseigne sur les raisons de son absence samedi dernier. La dame vient de perdre sa fille aînée Ngo Um Nyobe Lea dont les obsèques ont eu lieu à Douala. Ce même week-end. Toutefois, cette dernière et une autre de ses filles, la nommée Françoise, ont présenté leurs regrets et laissé un mot.

Le message lu par le guide Bergeline Domou souligne que l’épouse de Ruben Um Nyobe promet de rencontrer sous peu les jeunes Camerounais venus rendre un vibrant hommage à son défunt époux. En dépit de l’ambiance triste qui a prévalu au domicile du défunt samedi dernier, nous avons savouré le plaisir de franchir le seuil de la demeure de Marthe Um Nyobe, où sont toujours affichées sur les murs les images de son mari de son vivant.

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