Invité de l'émission En toute franchise sur Dash Media, l'abbé Étienne Bakaba a expliqué le concept de « charité politique », tiré de l'enseignement social de l'Église. Selon lui, le rôle d'un responsable politique n'est pas de poser des gestes individuels de compassion, mais de construire des infrastructures qui profitent à tous. Un rappel qui vise directement les dirigeants camerounais.
C'est une leçon de doctrine sociale de l'Église appliquée à la politique. Invité de l'émission En toute franchise sur Dash Media, l'abbé Étienne Bakaba a développé le concept de « charité politique », un terme qu'il dit emprunté au pape Jean-Paul II dans Sollicitudo Rei Socialis (1987).
« Il ne faut pas s'imaginer que j'ai inventé ce terme. Non, c'est un terme consacré dans l'enseignement social de l'Église », a-t-il précisé d'emblée. « Je parle ici de la doctrine sociale de l'Église, qui enseigne qu'il y a une manière chrétienne de faire la politique. »
Selon lui, lorsque des chrétiens reçoivent la charge temporaire des affaires publiques — « toute autorité vient de Dieu » —, ils doivent s'en acquitter avec « cette charité qu'on attend d'un homme politique ». Une exigence morale qui découle de la foi et qui s'applique à tous, croyants ou non.
L'exemple de la rivière
Pour rendre le concept accessible, l'abbé Bakaba a utilisé une métaphore simple. « Si moi, je suis un citoyen lambda face à une vieille personne, je l'aide à traverser une rivière. C'est un acte de charité. Mais si je suis un homme politique, mon rôle ne sera pas d'aider cette personne à traverser la rivière. Mon rôle sera de faire quoi ? De faire construire un pont sur cette rivière, pour que non seulement cette vieille personne, mais aussi d'autres personnes puissent profiter de ce bien commun. C'est ça qu'on appelle la charité politique. »
Une distinction essentielle : la charité individuelle soulage une personne, la charité politique transforme une société.
L'abbé Bakaba conclut par un constat amer. « Mais on a l'impression que beaucoup de gens manquent cruellement de charité politique. » Une critique à peine voilée des dirigeants camerounais, accusés de privilégier les gestes individuels ou les annonces spectaculaires au détriment des réformes structurelles et des investissements d'intérêt général.









