Actualités of Tuesday, 20 October 2026
Source: L’Indépendant n°1073
Le jeudi 8 octobre 2026 au palais des Congrès de Yaoundé, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a présenté son 15ᵉ rapport sur la corruption au Cameroun, en 2025. Le document a été dévoilé lors d’une cérémonie présidée par le Révérend Docteur Dieudonné Massi Gams, président de la Conac.
Mme Mbah Acha Fomundam Rose Ngwari, ministre déléguée à la présidence de la République chargée du Contrôle supérieur de l’État, y a notamment pris part, aux côtés de représentants des administrations et de partenaires. Dans son 15ᵉ rapport annuel, la Conac révèle que la corruption a coûté la somme astronomique de 6,2 milliards de francs CFA en 2025 au budget public.
Ce bilan met en lumière une réalité alarmante : une hausse vertigineuse de plus de 2 milliards de francs CFA par rapport à l’exercice précédent, qui culminait déjà à 4,06 milliards. Cette situation pose la question de l’efficacité des mécanismes de gouvernance et de recouvrement.
Cette accélération de l’hémorragie financière démontre les limites des stratégies actuelles face à l’ingéniosité des prédateurs de la fortune publique. Dans le même temps, les dénonciations reçues par l’institution enregistrent un recul de 23,6 % par rapport à l’année précédente.
Le document met en lumière un décalage entre la baisse des plaintes et l’évolution des sanctions administratives ou judiciaires des agents publics, interrogeant sur l’efficacité réelle et la constance des poursuites. Le document de la Conac pointe également un manque d’adhésion et de recevabilité de nombreux organismes et collectivités territoriales décentralisées.
En effet, sur les 270 organisations publiques et privées saisies pour contribuer à l’élaboration du rapport, 158 organisations ont ignoré ou n’ont pas répondu à la sollicitation de la Conac. Face à un constat d’urgence, l’organe créé le 11 mars 2006 par le président de la République, sonne le tocsin et appelle à une « intensification du combat ».
L’institution insiste sur la nécessité absolue de mobiliser de nouveaux outils, évoquant à demi-mot une transition obligatoire vers la numérisation des procédures pour réduire le facteur humain, ainsi qu’un durcissement des sanctions. Du coup, une question cruciale s’impose : les décideurs politiques auront-ils le courage d’activer ces nouveaux leviers, ou ce rapport s’ajoutera-t-il simplement à la pile des alertes restées sans réponse ? Zoom sur les faits saillants mis en lumière dans le 15e rapport de la Conac.