Politique of Thursday, 30 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Législatives et municipales 2027 : Le deal caché entre Issa Tchiroma et le RDPC

'Doit-il écouter le peuple ou servir ceux qui l'ont aidé à quitter le pays ?' 'Doit-il écouter le peuple ou servir ceux qui l'ont aidé à quitter le pays ?'

À moins de six mois des élections législatives et municipales de 2027, l'attitude d'Issa Tchiroma suscite des interrogations. Une absence de Tchiroma favorisera le RDPC.

Rendus à six mois des élections locales, Tchiroma laisse les millions de Camerounais qui l'ont soutenu en plan. Une attitude curieuse qui amène à s'interroger sur sa sincérité dans le combat qu'il dit mener contre le régime.
« Qu'est-ce qui lui coûte de dire qu'il ira aux élections locales afin de permettre à ses militants et sympathisants de se mobiliser ? », s'interroge un sympathisant, qui se demande si Tchiroma attend la clôture du dépôt des candidatures pour se prononcer, sachant que des milliers de postulants se retrouveraient alors disqualifiés.

À moins de six mois des élections locales, les élus du RDPC se croisent les doigts et espèrent une issue favorable à Willy Mengue pour disqualifier le MRC de ces échéances électorales, parmi les plus cruciales depuis l'avènement de la démocratie, car, pour la première fois, la mobilisation des populations est totale.

En l'absence du MRC et de Tchiroma, une fois de plus, le RDPC viendra imposer, dans les différentes localités, des représentants choisis en fonction de leurs affinités avec les membres du Comité central. Des élus comme ceux qui défilent à la mairie de Bayangam et qui font dire à leurs collaborateurs qu'il ne revient pas à la mairie d'apporter le développement.

La mairie est le premier pilier du développement local. Elle collabore avec l'État, la société civile et les partenaires afin d'attirer des financements. Elle assure la gestion de proximité et planifie les investissements socio-économiques. Maires ou députés, depuis l'avènement de la décentralisation et le transfert des compétences aux CTD, le RDPC s'est toujours contenté d'imposer aux populations des proches qui perpétuent les systèmes de corruption et de contrebande, incapables de penser le développement, et renvoient toutes les responsabilités de l'échec au président Paul Biya.

Tchiroma, cheval de Troie des élus du RDPC ?

Face à l'arrogance et au mépris de certains élus du RDPC, des mobilisations sont organisées au sein des diasporas de chaque localité, notamment dans la région de l'Ouest. L'objectif est de permettre à chaque arrondissement d'élire un maire porteur de développement, visionnaire et maîtrisant les réalités locales, quelle que soit sa chapelle politique.

La présidentielle de 2025 est la preuve que les populations du Grand Nord ont tourné le dos au RDPC. Les populations souhaitent un renouvellement des élites locales, avec des dirigeants qui les écoutent. Le Grand Nord compte 51 députés et 90 maires, des postes qui n'attendent que le mot d'ordre de Tchiroma pour une participation à ces échéances. Il n'a pas besoin de revenir au pays : même en exil, son parti peut se mobiliser et participer à ces élections.

Doit-il écouter le peuple ou servir ceux qui l'ont aidé à quitter le pays durant la crise post-électorale ?

Albin Michel Njilo