À moins d'un an des élections législatives et municipales, la tension monte d'un cran entre l'opposition et le pouvoir. Invité de l'émission « Droit de Réponse » sur Équinoxe TV, le politologue Aristide Mono, proche du MRC, a livré une charge virulente contre le régime de Yaoundé. Selon lui, toutes les manœuvres, y compris les plaintes judiciaires contre Maurice Kamto, visent à l'écarter des prochaines échéances électorales. Il parle d'un « gangstérisme d'État » organisé.
« Je vous dis que, même si Okala n'avait pas déposé sa plainte, même si Willy Mengue n'avait pas déposé sa plainte, le régime de Yaoundé, au regard de ces enjeux, allait mettre tous les moyens du gangstérisme d'État pour anéantir le Mouvement pour la renaissance du Cameroun et le professeur Maurice Kamto, tantôt avant les élections législatives et municipales », a-t-il déclaré .
Cette sortie médiatique s'inscrit dans un contexte de bras de fer entre le Ministère de l'Administration Territoriale (Minat) et le MRC. Le 19 août, Paul Atanga Nji a adressé une lettre à un militant exclu du parti, Joseph Thierry Okala Ebode, pour signifier qu'il ne jugeait « pas opportun » de prendre acte des résolutions de la convention du 21 décembre 2025 qui a consacré le retour de Maurice Kamto à la tête du parti .
Pour Aristide Mono, cette stratégie ne vise qu'à affaiblir le principal parti d'opposition. Le concept de « gangstérisme d'État » qu'il emploie n'est pas nouveau : il l'a déjà développé dans son ouvrage « Le Gangstérisme d'État à l'état brut, de Kamto à Tchiroma », paru en mars 2026, où il dénonçait un « dévoiement systématique des institutions républicaines au profit d'une faction dominante » .
Mais le pouvoir pourrait avoir raté son coup. Selon une analyse juridique, la lettre du 19 août arriverait trop tard. La convention du MRC s'étant tenue le 21 décembre 2025, le Minat disposait de trois mois pour formuler des observations, conformément à l'article 5 de la loi n°90/056 du 19 décembre 1990 .
Passé ce délai, le silence de l'administration vaudrait acceptation tacite des modifications intervenues. « Le ministère ne s'étant pas prononcé dans cet intervalle, le principe de forclusion serait applicable depuis mars 2026, soit près de cinq mois avant l'envoi de la lettre du 19 août », souligne la même analyse .
Le parti de Maurice Kamto ne compte pas en rester là. Dans un communiqué, le MRC a exhorté Paul Atanga Nji à « s'en tenir à une stricte application de la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 portant régime des partis politiques » . Le secrétaire général adjoint Roger Justin Noah a dénoncé une « tentative de déstabilisation » et prévenu que le parti ne se laisserait pas « provoquer impunément » .









