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Opinions of Tuesday, 17 October 2017

Journaliste: Patrice Nganang

L'écrivain Bamiléké et le génocide Bamiléké


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J'ai lu l'autre jour des mots de l'ecrivain noir-americain Corlson Whitehead qui disait qu'il avait le sujet du livre 'The Underground Railroad' depuis des années, mais 'il n'etait pas pret.' Et donc qu'en attendant d'écrire cette maman du livre-la, il en a écrit plusieurs autres. J'ai souri, car comme tout marathonien camerounais sait qu'il y'a le Mont Cameroun qui l'attend, comme tout grimpeur sait qu'il y'a le Mont Everest qui l'attend, tout ecrivain bamiléké sait qu'il y'a le genocide commis sur ses parents avant sa naissance qui l'attend. C

omme certains ont un sujet devant eux, l'ecrivain bamileke a, lui, le sujet-la derriere-lui qui l'attend patiemment et lui donne du temps. Il a donc le temps de faire sa vie, de faire sa carriere, d'apprendre a ecrire, de publier plusieurs livres, et quelque soit son succes, les plusieurs livres-la sont la pour marquer son apprentissage, mais il a aussi le temps de se batir une personnalite publique, car c'est elle, cette personnalite-la, qui fait les gens, les Bamileke donc qui se sont tus pendant deja cinquante ans, savoir qu'il existe, qui il est, lui faire confiance, et venir lui donner leur histoire, en lui disant, 'ecris-ca.' Lui donner leur memoire donc. Comme un chasseur qui sait que la panthere l'attend dans la brousse et qu'il ne sera reconnu comme chasseur que s'il a tue la panthere-la, il guette donc, l'ecrivain bamileke et quand il commence a vraiment ecrire le livre-la, c'est qu'il est pret. Quand il finit d'ecrire le livre-la, c'est qu'il est libere. Qu'importe que le livre soit publie ou pas, il est libere, car l'histoire-la l'attendait, comme l'esclavage comme sujet attend tout ecrivain noir-americain, et comme la panthere attend le chasseur.

Ce n'est pas un choix, c'est une destinee implacable, d'avoir un sujet qui attende son ecrivain specifique. Et je vais etre clair la-dessus, un Bassa, un Beti, un Douala, un je ne sais quoi, peut ecrire sur le sujet du genocide commis sur les Bamileke, et Mongo Beti l'a fait sous forme d'un essai, 'Main basse', mais ca ne compte pas du tout, c'est du pur brouillon, car c'est comme un blanc qui ecrit sur l'esclavage des noirs. C'est l'ecrivain bamileke seulement que ce sujet attend. Patiemment. Cache dans le silence de nos parents, dans le silence de la terre de l'Ouest. Dans la terre rouge du pays bamileke.

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