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Actualités of Monday, 22 November 2021

Source: LA VOIX DES JEUNES N° 071

L’attentat à l’université de Buea aurait pu se solder par une hécatomb - Colonel Atonfack

Le colonel Atonfack Guemo Le colonel Atonfack Guemo

Les succédanés camerounais de certaines agitations saisonnières, semblent se nourrir d’une schizophrénie particulièrement morbide de l’école, et par-dessus tout, ce qu’elle transmet.

Une haine fondamentale du savoir qui transparait aussi bien dans les dénominations, qu’au travers des mots d’ordre. Boko Haram ou éducation interdite, Dead School autrement dit école morte, sont ainsi des variantes linguistiques du projet commun aux membres de l’internationale obscurantiste sévissant au Cameroun. La matérialisation de cet état de névrose se décline en l’incendie, la destruction des écoles par les terroristes, quand celles-ci ne sont pas transformées en bases de repli. Dans cette entreprise visant à rayer de la carte la fontaine de la science, les aspirants à l’élévation morale et intellectuelle sont torturés, mutilés et trucidés sur le chemin de l’école, et jusque dans les salles de classe.

Et comme si le tréfonds de l’absurdité n’avait pas encore été atteint, voici que l’on vient à faire exploser des bombes dans les amphithéâtres, dans la recherche manifestement désespérée du carnage qui pourrait enfin sonner le tocsin de la fréquentation des temples du savoir. Un combat perdu longtemps à l’avance, tant la ténébreuse ambition attente à notre jeunesse, dans son intangible essence.

Car, et même si quelques esprits mal tournés peuvent se laisser aller à de telles élucubrations, reste qu’il est humainement impossible d’éteindre en notre jeunesse le désir de curiosité qui l’anime, cette ardente quête de l’âme en perpétuel accomplissement, avant d’être un élan de cœur jamais complètement assouvi, puis une perspective toujours renouvelée de la raison.

A l’appui de cette inclination toute naturelle à la compréhension de la disposition des constituants matériels et immatériels de l’univers qui l’entoure, la jeunesse camerounaise est consciente de ce que son épanouissement est tributaire de sa capacité à découvrir, inventer, innover et décider, toutes aptitudes ne s’acquérant que par une fréquentation assidue de l’école, préoccupations dont voudraient la dispenser les révolutionnaires du dogme rétrograde, ceux qui proposent les ténèbres en lieu et place de la lumière, la violence, le désordre et la dissension plutôt que le calme, l’ordre et la paix, l’ignorance à la place de la connaissance, l’abrutissement au lieu de l’épanouissement ; une fois de plus en pure perte.

L’attentat à l’explosif à l’université de Buea aurait pu se solder par une hécatombe. Il n’en a rien été, la nature elle-même ayant pris fait et cause pour les mendiants du savoir.

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