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Opinions of Saturday, 16 December 2017

Journaliste: cameroonweb.com

L’affaire Patrice Nganang ou le Game Of Thrones camerounais!


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L’affaire Patrice Nganang continue de créer des vagues réactions. Cette fois, c’est l'essayiste Laurain Assipolo qui prend sa plume et se prononce. A analyser son point de vue et les faits qu’il relate, on se croirait dans la série Game of Thrones qui a connu un grand succès. En effet, les jours passent et difficile de se situer, de connaitre les tenants et les aboutissants de cette affaire qui commence par prendre une autre tournure. D’ailleurs, son audition est renvoyée au 19 janvier prochain c'est-à-dire en 2018.

ci-dessous l’opoinion de Laurain Assipolo

Joseph K. se réveille un matin. Pour une raison inconnue, il est arrêté et inculpé. Esseulé, Joseph K. proteste, d'autant qu'il ne sait pas de quoi il est accusé. À mesure que le temps passe, il se convainc de la réalité du procès et met tout en œuvre pour se faire acquitter.

L'on pourrait remplacer, dans le paragraphe précédent, Joseph K. par Patrice N. Il restera à modifier légèrement l'intrigue pour la contextualiser, la (sub)tropicaliser et la situer dans l'ère des réseaux sociaux numériques.

Les langues se délient et des informations fuitent. En partie. Patrice N. a été arrêté non pas sur ordre d'un "ennemi tapis dans l'ombre", mais sur recommandations du patron de la police qui, craignant pour la vie du créateur, a estimé qu'il était souhaitable de neutraliser l'ennemi.

Patrice N. s'est donc retrouvé dans une situation similaire à celle de Joseph K. La communication du journaliste du gouvernement, se fondant sur l'élément ayant justifié la mise aux fers de Patrice N., laissait une porte ouverte : celle de ses deux passeports. L'adversaire était cerné.

Au bout du compte, après quelques va-et-vient et quelques questions, Patrice N. a rejoint, dans la nuit noire, d'anciens pensionnaires de l'ENAM, que d'aucuns présentent comme un haut lieu de la reproduction sociale au Cameroun. Il devra répondre, dans les jours, les mois ou les années à venir, des chefs d'accusation suivants :
- Outrage à corps constitué ;
- Menace à quiconque de mort par balles ;
- Apologie du crime.

Comme Joseph K., Patrice N. devra prouver qu'il est innocent. Le premier n'a pas pu le faire.

L'affaire Patrice N. a poussé notre don de Dieu, Matthias, hors de ses gonds. Sans enfiler les gants, ayant pensé qu'il était de son devoir de distribuer des uppercuts aux ethno-fascistes, il a tenté de mettre au tapis les "imposteurs" qui ont été revigorés par un texte que j'ai eu beaucoup de peine à lire.

L'affaire Patrice N. montre aussi que nous avons du chemin pour parvenir à l'ethnolyse. On identifie désormais les partisans des différents camps à leurs patronymes. Pourtant on peut s'appeler Ambassa et être originaire de Mora. On peut être bamiléké et avoir des frères yanda. On peut être béti et ne pas manger le manioc. On peut prendre position sans être partisan.

Patrice N., ce fou, finalement, nous invite à regarder le char des dieux et non le doigt qui sert de boussole.

N. B. : Pour ceux qui veulent me cataloguer, je suis un hybride socioculturel, fier de mes cultures des grassfields et de celles de la forêt. En somme, un muntu christianisé qui essaie aussi de raisonner.

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