Actualités of Monday, 14 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Kidnapping d’État : Graves révélations d’une association sur la disparition d’Hadja Haoua

Une association saisit le président de la cour suprême Une association saisit le président de la cour suprême

L’Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO) a saisi, le 14 septembre 2026, le président de la Cour suprême, Hassan Tchiroma, pour demander des éclaircissements sur la situation de Hadja Haoua Aboubakar, portée disparue de l’espace public depuis juillet 2025.

Plus d’un an après la disparition de Hadja Haoua de l’espace public, l’Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO) interpelle directement le président de la Cour suprême. Dans une correspondance datée du 14 septembre 2026, l’organisation réclame des explications sur le sort de cette ancienne militante du RDPC et parle ouvertement de « kidnapping d’État ».

Où se trouve Hadja Haoua ? La question, restée sans réponse claire pendant de longs mois, revient au premier plan. Dans une lettre adressée au président de la Cour suprême, Hassan Tchiroma, président de l’ADDO, demande aux autorités judiciaires camerounaises de faire la lumière sur sa situation.

L’organisation emploie des mots particulièrement graves. Elle évoque un « kidnapping d’État », soupçonne une détention arbitraire et estime que les proches de Hadja Haoua ont, au minimum, le droit de savoir où elle se trouve et ce qui lui est reproché.

L’affaire remonte à juillet 2025. Après plusieurs prises de parole virulentes contre des personnalités du régime, Hadja Haoua Aboubakar, présentée comme une militante de longue date du RDPC, avait été visée par un avis de recherche de la gendarmerie et une interdiction de sortie du territoire. Elle était notamment recherchée pour de supposés « appels à l’insurrection ». Sa trace s’était ensuite brouillée, alimentant interrogations et rumeurs.

Dans sa lettre, l’ADDO revient également sur une version attribuée à l’écrivaine Calixthe Beyala, selon laquelle Hadja Haoua aurait réussi à s’échapper alors qu’elle était transportée par hélicoptère vers l’Est du pays. L’association demande que ces différentes versions soient clarifiées.

Le dossier reste cependant entouré d’informations contradictoires. En mai 2026, des publications avaient rapporté que Hadja Haoua aurait refait surface au Tchad, après avoir affirmé avoir été arrêtée et détenue au Cameroun. Cette version, si elle est confirmée, pose une autre série de questions : a-t-elle effectivement été arrêtée ? Par quel service ? Pendant combien de temps ? Et dans quelles conditions aurait-elle ensuite quitté le Cameroun ?

L’ADDO convoque aussi dans sa correspondance le précédent de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, l’évêque de Bafia disparu en mai 2017 avant que son corps ne soit retrouvé dans la Sanaga. Le rapprochement relève de l’argumentaire de l’association et ne permet pas, en lui-même, d’établir un lien entre les deux affaires.

Boris Bertolt