Actualités of Wednesday, 4 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Justice: les graves révélations de Samuel Eto'o sur les millions perdus

Dans un entretien accordé à Digital B Agency, le président de la Fédération Camerounaise de Football répond aux accusations de dérive autoritaire avec des chiffres, de la conviction et une sérénité qui en dit long sur son état d'esprit.

Il aurait pu esquiver. Il aurait pu minimiser. Samuel Eto'o a choisi, une fois de plus, la confrontation frontale. Dans une interview livrée à Digital B Agency, le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) s'est livré à une défense aussi méthodique qu'implacable de son bilan, balayant au passage les accusations de gouvernance autocratique qui collent à son mandat comme une ombre tenace.


Le chiffre est massif et Eto'o l'assume sans trembler : « La fédération a eu plus de 25 procès. Ça nous a coûté des centaines de millions. » Une déclaration qui, sortie de son contexte, pourrait sembler accablante. Mais c'est précisément dans ce contexte qu'elle prend tout son sens. Car pour le patron du football camerounais, cette avalanche de procédures judiciaires n'est pas le signe d'une institution qui vacille — c'est au contraire la preuve d'une institution qui tient bon face à des offensives à répétition.

Mieux encore, il retourne l'argument contre ses détracteurs : « On nous a juste demandé une seule fois de rectifier à l'assemblée générale. Ça veut dire que nous croyons en la force de la loi. » Sur 25 procès, une seule correction exigée. Un ratio que n'importe quelle organisation — publique ou privée — signerait des deux mains. Pour Eto'o, la démonstration est limpide : on ne perd pas 25 fois face à la justice si l'on est dans son droit.


C'est sans doute la réplique la plus cinglante de cet entretien. Répondant aux accusations récurrentes de comportement dictatorial à la tête de la Fecafoot, Samuel Eto'o dégaine une question rhétorique qui résume toute sa défense : « Est-ce que vous pouvez être dictateur et respecter la loi ? »
La formule est courte, mais elle porte. Elle renvoie dos à dos la caricature de l'homme fort tout-puissant et la réalité d'un dirigeant qui, selon lui, a systématiquement choisi le terrain judiciaire plutôt que celui de l'arbitraire. Derrière cette question, c'est toute une vision de la gouvernance qui transparaît : celle d'un président qui dit avoir choisi les institutions contre les rapports de force, les prétoires contre les coups de pression.

Mais c'est peut-être sur la question de la pression que Samuel Eto'o livre sa réponse la plus inattendue — et la plus révélatrice de son tempérament. Interrogé sur le poids de la surveillance permanente dont il fait l'objet, celui dont chaque décision est scrutée, commentée, contestée, répond avec un calme désarmant : « C'est une opportunité. C'est plutôt un honneur pour moi d'avoir cette pression parce que je me dis que si je réussis, je réussis avec des millions de Camerounais. »

Une réponse qui dit beaucoup sur la psychologie d'un homme habitué, depuis ses années de footballeur d'élite, à performer sous les projecteurs et sous les critiques. Pour Eto'o, la pression n'est pas un poison — c'est un carburant. Et la surveillance permanente de ses adversaires, loin de l'inhiber, semble le galvaniser davantage.

Au-delà des déclarations, c'est une image qui se dessine en creux : celle d'un dirigeant qui, après plusieurs années à la tête de la Fecafoot, n'a rien perdu de sa combativité ni de sa certitude d'être dans son droit. Les procès n'ont pas eu raison de lui. Les campagnes de dénigrement non plus. Et la pression des observateurs, des médias et des détracteurs semble glisser sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard.