Actualités of Tuesday, 9 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique révèle comment Louis Paul Motaze a réduit de 80% la dette fiscale d'Amougou Belinga

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Dans l'affaire Martinez Zogo, il y a les accusés qui sont en prison — Amougou Belinga, Eko Eko, Danwe et leurs complices. Et il y a ceux qui ont bénéficié des conséquences de cet assassinat sans jamais figurer sur le banc des accusés. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive du 6 juin 2026, révèle un épisode qui place Louis Paul Motaze, actuel ministre des Finances — et lui-même cité parmi les présumés favoris à la Vice-Présidence — au cœur d'un sauvetage fiscal d'Amougou Belinga dont les modalités soulèvent des questions que personne n'a encore officiellement posées.


Jeune Afrique retrace la chronologie de la bataille fiscale entre Mopa et Amougou Belinga avec une précision qui dit l'ampleur du travail d'investigation du journal. En 2021, la DGI adresse une première mise en demeure à Vision 4 pour 1 milliard de FCFA d'arriérés fiscaux. Pas de réponse suffisante. En 2022, Mopa durcit le ton : le montant explose à 10,8 milliards de FCFA — et ne concerne plus seulement Vision 4 mais «l'ensemble du groupe L'Anecdote, qui chapeaute plusieurs sociétés liées à Amougou Belinga».
Jeune Afrique révèle un élément explosif sur la nature de ces dettes. Selon une source citée par le journal, «certaines entités du groupe livraient des prestations à la présidence de la République. Il y aurait même des marchés fictifs dans lesquels serait impliqué un haut responsable de la direction de la sécurité présidentielle». La dette fiscale d'Amougou Belinga n'est pas seulement une affaire de TVA impayée — elle serait le bout visible d'un système de marchés fictifs impliquant directement les services de sécurité présidentielle. Une ramification qui explique pourquoi ce dossier était si difficile à poursuivre.


C'est ici que Jeune Afrique place sa révélation la plus politiquement accablante sur le ministre des Finances. En novembre 2022, alors que les révélations de Martinez Zogo sur les dettes du groupe Amougou Belinga font la une de l'actualité, «Louis Paul Motaze, pourtant autorité de tutelle de Mopa, prend fait et cause pour Amougou Belinga». Il publie «une note ministérielle qui, de facto, désavoue son directeur général des impôts».

Puis vient la décision qui a stupéfié les observateurs de la fiscalité camerounaise. «Sur décision du ministre des Finances, le groupe L'Anecdote bénéficie d'un moratoire exceptionnel, qui ramène sa créance fiscale de 10,8 milliards à seulement 1,9 milliard de FCFA». Une remise de plus de 80% — soit 8,9 milliards de FCFA effacés d'un trait de plume ministérielle. «Une remise dans laquelle de nombreux observateurs voient un sauvetage politique d'Amougou Belinga», note sobrement Jeune Afrique.

La connexion Motaze-Leufang-Amougou Belinga : un triangle de protection
Cette révélation prend une dimension supplémentaire quand on la croise avec une autre enquête de Jeune Afrique — celle sur l'affaire Emmanuel Leubou. Le journal avait révélé que Leufang Célestina Nkeng, la haute fonctionnaire des finances au cœur de la fraude que Leubou avait dénoncée, «appartient à des hauts responsables qui gravitent dans l'orbite de Laurent Esso et de Louis Paul Motaze». Et que sa proximité avec «la magistrate Sarah Limunga Itambi, épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga» est documentée.

Le tableau se dessine : Motaze protège Leufang dans l'affaire Leubou. Motaze protège Amougou Belinga dans l'affaire fiscale. Et Leufang est liée à l'épouse d'Amougou Belinga. Un triangle de protection institutionnelle dans lequel le ministre des Finances joue un rôle central — et qui explique pourquoi Mopa, en tentant de briser ce système, s'est retrouvé seul face à une coalition qui avait les moyens de le neutraliser.