Actualités of Thursday, 13 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique : derrière la nomination d'Ebaka, un jeu d'équilibres régionaux scruté de près

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La nomination d'Hippolyte Ebaka au poste de major-général des armées ne se limite pas à une question de compétence militaire. Une enquête de Jeune Afrique met en évidence une dimension régionale et communautaire de cette décision, dans un contexte où chaque mouvement au sommet de l'appareil sécuritaire camerounais est scruté à l'aune des origines géographiques de ses bénéficiaires.



Jeune Afrique relève qu'Hippolyte Ebaka, originaire de la Haute-Sanaga dans la région du Centre, succède à ce poste au général Hector Marie Tchemo, originaire quant à lui de la région de l'Ouest, admis en deuxième section — l'équivalent d'une mise à la retraite. Un changement qui, selon l'enquête, n'est pas passé inaperçu dans un pays où la répartition régionale des postes stratégiques de l'État reste un sujet politiquement sensible.



L'enquête souligne un autre élément d'analyse : si Hippolyte Ebaka devient le numéro deux officieux de l'armée camerounaise, c'est bien le général René Claude Meka, originaire du Sud — région d'origine de Paul Biya lui-même — qui reste officiellement chef d'état-major des armées, malgré une santé défaillante qui l'éloigne de son poste depuis le premier trimestre 2026. Un dispositif à double ancrage régional, entre Centre et Sud, qui, selon Jeune Afrique, pourrait traduire une volonté de ménager les équilibres tout en s'assurant, dans les faits, qu'un officier physiquement en mesure d'exercer le commandement occupe une position stratégique de premier plan.



Ce que cette analyse régionale, documentée par Jeune Afrique, met en perspective, c'est la manière dont cette nomination intervient dans un contexte plus large de fragilisation du pouvoir de Paul Biya, consécutif à une élection présidentielle contestée en octobre 2025 et à des rivalités de clans déjà identifiées au sommet de l'État. Dans un tel contexte, le moindre mouvement au sein de l'appareil militaire — fût-il justifié par des considérations strictement opérationnelles — se retrouve inévitablement scruté à l'aune des équilibres communautaires qu'il consolide ou qu'il bouscule.