Actualités of Monday, 20 April 2026

Source: www.camerounweb.com

'Je partageais ma vie avec mon agresseur sans le savoir'

Vol et agression Vol et agression

Parfois, l’ennemi n’est pas loin. Il est même plus proche qu’on ne l’imagine. C’est le cas de Maëlle qui a fini par comprendre qu’elle n’a jamais vraiment connu l’homme avec qui elle partageait sa vie.

Je suis vendeuse au marché. Chaque jour, je me bats pour survivre. Soleil, fatigue, humiliation, je supportais tout parce que je croyais en notre avenir.

Lui, Mathias, ça fait mois mois qu’il ne travaille plus. Mais je ne l’ai jamais abandonné. Au contraire, je me suis battue encore plus fort pour deux. Au marché, on cotise dans une tontine journalière. Mon tour approchait. C’était mon espoir, près de 6 millions. L’argent de ma sueur, de mes sacrifices.

Je lui ai parlé de mon projet, ouvrir une boutique pour qu’il la gère. Je voulais le remettre debout. Je voulais qu’il retrouve sa dignité. Mais lui, il avait déjà un autre plan. Il m’a dit qu’il voulait traverser le désert. Risquer sa vie. J’ai refusé. Fermement. J’ai essayé de le raisonner, de lui montrer qu’on pouvait réussir ici.

Ce soir-là, il a fait semblant d’accepter. Aujourd’hui, je comprends que c’est ce soir-là qu’il a décidé de me détruire. Le jour où j’ai reçu l’argent, j’étais heureuse. Pour une fois, je voyais enfin une porte s’ouvrir. Mais en rentrant chez moi, tout s’est assombri. Deux hommes m’attendaient. Ils m’ont suivie. Plaquée au sol. Battue. Traînée comme une moins que rien. J’ai crié, personne n’est venu.

Ils ont pris mon sac. 6 millions envolés. Je suis rentrée en larmes, le corps tremblant, le cœur brisé. Et lui, Mathias, m’a prise dans ses bras. Il m’a serrée fort. Il m’a dit : « Ne t’inquiète pas, ce n’est que de l’argent ». Aujourd’hui, ces mots me donnent envie de vomir. Parce que lui, il savait. Il savait tout. Il avait tout organisé. Il savait à quelle heure je rentrerais. Il savait où je passerais. Il savait combien j’avais sur moi.

Il m’a envoyée à l’abattoir. Il y a deux jours, son téléphone a sonné pendant qu’il était sous la douche. Ce message a détruit ce qu’il restait de moi. « Le travail est fait. Elle n’a rien suspecté ». J’ai tremblé, mais j’ai lu. Message après message, j’ai découvert l’horreur.

Mon homme. Mon refuge. Mon amour était le commanditaire de mon agression. Je n’ai pas crié. Je n’ai pas pleuré. J’ai tout transféré. Preuve par preuve. Puis je suis sortie, calmement, comme si de rien n’était. Je suis allée porter plainte contre l’homme avec qui je partageais mon lit.

Ce matin, il a été arrêté. Et là, le vrai cauchemar commence. Sa famille me harcèle. On me traite de traîtresse. On me dit que je détruis leur fils. Qu’un homme peut se tromper. Que l’amour pardonne tout. Mais moi, je repense à ce moment. Quand j’étais au sol en train de me faire battre, pendant que lui savait exactement ce qui m’arrivait. On me demande de retirer ma plainte. On me dit que si je l’ai vraiment aimé, je dois régler ça en famille. Mais moi, je me pose une seule question : comment un homme peut-il dire qu’il t’aime et organiser ton agression pour te dépouiller ?