Politique of Monday, 31 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Interrompue d’une réunion du MRC à Bertoua : Le film de l’attaque

Le 30 août 2026 à Bertoua, une réunion des responsables du MRC a été interrompue par les forces de l’ordre, entraînant l’interpellation de deux cadres du parti, ensuite remis en liberté. L’incident relance ainsi le débat sur la distinction entre réunion privée et réunion publique au regard de la loi camerounaise.

Une réunion des responsables du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) dans la région de l’Est a été interrompue dimanche 30 août 2026 à Bertoua, donnant lieu à l’interpellation de deux responsables du parti. Au lendemain de l’incident, la formation politique conteste la qualification de « réunion publique non déclarée » qui aurait motivé l’intervention et dénonce une atteinte à la liberté de réunion.

Selon le récit livré par le MRC dans un communiqué publié ce lundi 31 août, l’Assemblée des structures du parti dans la région de l’Est se tenait dans un domicile privé clôturé, en présence d’invités identifiés, lorsqu’une importante présence de gendarmes, accompagnant notamment le Sous-préfet de Bertoua II, a mis un terme aux travaux.

Deux responsables, le Secrétaire de la Fédération régionale et celui de la Fédération départementale du Lom-et-Djerem, auraient alors été interpellés. Le parti indique qu’ils ont ensuite été remis en liberté après avoir été placés sous garant.

Au cœur de la controverse se trouve désormais la nature juridique de la rencontre. D’après le MRC, l’infraction évoquée à l’encontre de ses responsables serait celle de « réunion publique non déclarée ». Le parti rejette cette qualification, soutenant que la rencontre se déroulait dans une propriété privée clôturée et n'était pas ouverte au public.

Le MRC invoque à cet effet la loi n°90/055 du 19 décembre 1990 relative au régime des réunions et manifestations publiques et estime que les circonstances de la rencontre ne permettaient pas, selon son interprétation, de l'assimiler à une réunion publique soumise à déclaration préalable.

Cette argumentation demeure toutefois celle du parti. Au moment de la publication de cet article, East Cameroon News n’a pas pu obtenir de l’autorité administrative une confirmation indépendante des motifs précis ayant conduit à l’interruption de la réunion, ni les éléments sur lesquels aurait reposé la qualification de « réunion publique non déclarée ». Il n’est donc pas possible, à ce stade, d’établir de manière contradictoire les circonstances juridiques exactes ayant motivé l’intervention.

Dans son communiqué, le MRC va beaucoup plus loin dans son appréciation politique des faits. La formation de Maurice Kamto qualifie l'intervention d'« illégale et brutale » et l'inscrit dans ce qu'elle présente comme une succession d'entraves à ses activités politiques. Ces accusations, particulièrement sévères à l'endroit du pouvoir, de l'administration et de la justice, relèvent de la position officielle du parti et ne sauraient être présentées comme des faits établis indépendamment.

Malgré cet épisode, le MRC affirme ne pas vouloir renoncer à son déploiement politique. Il appelle ses militants et sympathisants à poursuivre leur mobilisation en perspective des prochaines élections législatives et municipales.

Au-delà de la confrontation politique, l’incident de Bertoua pose désormais une question plus précise : la rencontre organisée dans ce domicile privé relevait-elle juridiquement d’une réunion privée ou d’une réunion publique soumise à déclaration ? Une réponse documentée de l’administration permettrait d’éclairer ce point et de confronter les deux lectures d’un événement qui, depuis dimanche, nourrit la controverse politique dans la capitale régionale de l'Est.

East Cameroon News