Lucas Philippe, président d’Interpol, effectue au Cameroun une visite de travail annoncée du 18 au 21 octobre, présentée comme sa première mission officielle en Afrique depuis son élection. Au programme : rencontres institutionnelles, vidéosurveillance et production des passeports.
La visite intervient dans un contexte où les réseaux criminels franchissent plus vite les frontières que les procédures judiciaires.
Trafic de stupéfiants, faux documents, cybercriminalité et traite des personnes exigent des échanges d’alertes et une identification rapide des suspects. Interpol fournit des canaux et des bases de données ; les États restent responsables des enquêtes et des arrestations.
À Yaoundé, l’attention portée au centre national de vidéosurveillance et au dispositif de production des passeports illustre cette mutation. Les caméras, la biométrie et l’interconnexion peuvent accélérer la détection. Elles soulèvent aussi des questions de qualité des données, de faux positifs, d’accès et de durée de conservation.
Une coopération efficace repose sur deux confiances. La première est technique : les informations doivent être exactes, sécurisées et mises à jour. La seconde est juridique : les outils internationaux ne doivent pas être détournés à des fins politiques ou employés sans voies de recours. Interpol dispose de mécanismes de contrôle, mais leur appropriation nationale reste déterminante.
Le résultat de la visite devra donc être lu au-delà du protocole. Formations, accès aux systèmes, opérations conjointes et garanties de protection des données constitueront les éléments concrets à suivre.









