Actualités of Monday, 17 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Nous sommes dans la région du Centre, là où un fait curieux attire des critiques. S’agissant du bac de Mbega, près de 500 millions de francs CFA ont été engagés en six ans pour une infrastructure toujours en réhabilitation. Récit de Boris Bertolt.
Le bac de Mbega, situé sur l’axe Yop (intersection numéro 9), dans le département du Nyong-et-So’o, continue de mobiliser d’importantes ressources publiques. Entre 2019 et 2025, près de 500 millions de francs CFA ont été programmés pour l’entretien, l’exploitation et la réhabilitation de cette infrastructure stratégique.
Le 11 juin 2019, le ministère des Travaux publics a lancé l’appel d’offres relatif à l’entretien et à l’exploitation des bacs. Le lot numéro 2, consacré au bac de Mbega, était doté d’un budget prévisionnel de 194 790 084 francs CFA TTC, avec un délai d’exécution fixé à quatre mois.
À l’issue de la procédure, le marché a été attribué à l’entreprise EJ International pour un montant de 183 941 231 francs CFA TTC, toujours avec un délai d’exécution de quatre mois. Six ans plus tard, le dossier du bac de Mbega refait surface.
Le 5 juin 2025, un nouvel appel d’offres a été lancé pour la réhabilitation du bac de Mbega et de ses voies d’accès, avec un budget prévisionnel de 300 millions de francs CFA, financé par le Budget d’investissement public (BIP) des exercices 2025 et 2026.
Le 12 juin 2025, cet appel d’offres a été officiellement publié sur la plateforme de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP). Ces différents chiffres soulèvent plusieurs interrogations.
Comment expliquer qu’une infrastructure ayant bénéficié d’un marché d’entretien et d’exploitation en 2019 fasse encore l’objet d’un important programme de réhabilitation six ans plus tard ? Les travaux réalisés dans le cadre du premier marché ont-ils été entièrement exécutés ? Les objectifs fixés en 2019 ont-ils été atteints ? Quel est l’état réel du bac aujourd’hui ?
Au total, 494 790 084 francs CFA ont été mobilisés ou programmés pour cette infrastructure entre 2019 et 2025. Le bac de Mbega constitue un maillon essentiel pour les populations du Nyong-et-So’o, en facilitant la circulation des personnes et des marchandises.
Au-delà des montants engagés, la question centrale reste celle de l’efficacité de la dépense publique et du suivi des infrastructures financées par l’État. Dans un contexte où les ressources publiques sont limitées, les populations attendent des réponses sur l’utilisation des fonds consacrés à l’entretien et à la réhabilitation d’un ouvrage dont l’exploitation continue de susciter des interrogations.