Actualités of Friday, 23 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Impôts locaux : le retard de reversement qui vide les budgets communaux

Les communes peuvent voter des programmes ambitieux, mais elles ne les exécutent pas sans trésorerie. L’instruction de Yaoundé remet au centre la chaîne de collecte, de centralisation et de reversement.

Le gouvernement a demandé que les recettes fiscales destinées aux collectivités territoriales soient reversées de manière effective et dans les délais. Cette prescription répond à une réalité connue des exécutifs locaux : une recette inscrite au budget ne finance ni route, ni éclairage, ni collecte des déchets tant qu’elle n’est pas disponible sur le compte de la commune.

Le problème est moins celui du principe que de la circulation de l’argent. Selon les impôts concernés, plusieurs acteurs peuvent intervenir entre le contribuable et la collectivité bénéficiaire. Les décalages de calendrier rendent difficile la programmation des marchés, le paiement des prestataires et l’entretien courant. Ils peuvent aussi pousser les communes à accumuler des arriérés, ce qui renchérit les travaux et affaiblit la confiance des entreprises locales.

La décentralisation repose pourtant sur une équation simple : des compétences transférées doivent être accompagnées de ressources prévisibles. Quand la trésorerie arrive tard, la commune assume politiquement un service qu’elle ne peut matériellement rendre. Le citoyen voit un lampadaire éteint ou une route non entretenue ; il ne voit pas la chaîne administrative derrière ce retard.

La réforme la plus utile serait donc aussi la plus lisible : un tableau public, commune par commune, indiquant les montants dus, collectés, reversés et les dates de transfert. Un mécanisme d’alerte sur les délais et une clarification des responsabilités transformeraient l’instruction en outil de gestion. La ponctualité budgétaire n’est pas une formalité ; c’est une condition de la crédibilité locale.