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Actualités of Monday, 1 November 2021

Source: Mutations

Il n’y a pas de raison d’avoir peur des cryptomonnaies - PDG de Simb Group et Global Investment Trading

Emile Parfait Simb, Pdg et fondateur des sociétés Simb Group et Global Investment Trading Emile Parfait Simb, Pdg et fondateur des sociétés Simb Group et Global Investment Trading

Pdg et fondateur des sociétés Simb Group et Global Investment Trading, il lève un pan de voile sur cette activité qui Ta révélé au monde et qui, en l’état actuel de la réglementation de la Cemac, n’est pas reconnue. Il s’étonne par ailleurs des plaintes déposées contre au Tribunal criminel spécial.

Vous êtes sous les feux de la rampe depuis un certain temps du fait des polémiques sur les cryptomonnaies, secteur dans lequel vous vous seriez fait beaucoup d’argent ces dernières années mais qui n’est toujours pas réglementé en Afrique centrale. C’est quoi les cryptomonnaies.

En fonction de là où on se trouve, la cryptomonnaie a plusieurs définitions. Lorsqu’on est avec des financiers on parle de cryptoactifs ; lorsqu’on est avec les banquiers on parle de cryptomonnaie ; et lorsqu’on est avec les informaticiens on parle de monnaie cryptographique.

C’est une monnaie qui a été créée en 2009 par un certain Satoshi Nakamoto. C’est un pseudonyme et, jusqu’à présent, on ne connaît pas la personne qui se cache derrière. C’était après la crise des Subprimes de 2008. Il était question, pour lui, de décentraliser le système bancaire et faciliter les transactions, les transferts entre personnes.

Cette monnaie est en réalité l’équivalent des Mobile Money, sauf qu’elle fonctionne uniquement avec Internet. En 2009, lorsque Satoshi Nakamoto décide de mettre ce projet sur pied, beaucoup de personnes ne l’ont pas cru. Mais en 2013, la monnaie a été côté en bourse. A la création, le Bitcoin qui est la première cryptomonnaie valait 0,001 dollar. En 2013, cette unité a pris une valeur de 135 dollars.

C’est à partir de là que les gens commencent à s’activer pour comprendre quel était le projet de la cryptomonnaie. Cette monnaie est générée par un système de minage. Dans ce domaine, on parle d’une mine d’or, c’est-à-dire, on creuse et ce qu’on trouve on ramasse. Dans la cryptomonnaie, c’est l’ensemble des ordinateurs interconnectés qui résolvent un certain nombre d’opération mathématiques.

On parle de cryptographie, donc, ce sont des algorithmes. Lorsque ces ordinateurs ont résolu ces problèmes mathématiques, chaque ordinateur est récompensé par une unité, c’est-à-dire, des centimes de Bitcoin. C’est comme ça que le Bitcoin est généré. La quantité créée en 2009 était de 21 millions de pièces, l’objectif étant de mener ces 21 millions de pièces jusqu’en 2045 de sorte que seuls les possesseurs fixeront le prix sur le marché. Après sa cotation en 2013, elle répond désormais à la loi de l’offre et de la demande.

S’il y a assez d’offres, la monnaie perd de la valeur. Lorsqu’il y a assez de demande, elle prend de la valeur. Or, de 2013 à nos jours, on est parti de 0,001 dollar à 62000 dollars. Vous ne verrez un billet de Bitcoin. Tout est en ligne et, aujourd’hui, c’est une industrie qui a pris tellement que même les banques et plusieurs pays l’ont adoptée comme monnaie officielle pour pouvoir faire leurs transactions.

La notion de Bitcoin reste trop hermétique. Si le Camerounais lambda veut acheter un produit sur le marché, comment il utilise le Bitcoin ?
C’est normal que le Camerounais lambda ne comprenne pas encore le mécanisme parce que c’est une activité nouvelle. Quand le Mobile Money est arrivé au Cameroun c’était la même chose. Personne ne pouvait s’imaginer que l’argent pouvait transiter par un téléphone. C’était comme de la magie. Or, aujourd’hui lorsque vous n’avez pas un compte Mobile Money vous êtes plutôt un pro blême pour la société. Ce que vont devenir le Bitcoin, le Simbcoin, les cryptomonnaies en général dans les années qui arrivent.

La preuve en est qu’il y a quelques jours, le Nigeria a adopté sa monnaie cryptographique. Pour le Camerounais lambda qui veut faire des achats avec le Bitcoin, il faut dire que la monnaie c’est avant tout une affaire de confiance. Là où il va acheter sa culotte, son pantalon ou sa bouteille de bière, est-ce qu’on y accepte le Bitcoin ? Le Bitcoin c’est d’abord un moyen de paiement. Jusqu’aujourd’hui, dans certaines boutiques on n’accepte pas le Mobile Money !

Ce qui ne veut nullement dire que le Mobile Money n’est pas une monnaie ou un moyen de paiement. C’est juste que les gérants ne font pas encore confiance à ce système. Maintenant, est-ce qu’il y a des supermarchés ou des boutiques qui acceptent la cryptomonnaie ? Oui. Lorsque vous y allez faire des achats avec la cryptomonnaie.

Ils vont juste vous présenter un code QR, vous allez le scanner et payer votre article ! Dans notre groupe, nous avons des restaurants où nous vendons en cryptomonnaie ; nous avons une plateforme de E-commerce qui accepte les cryptomonnaies. Nous vendons même des maisons et les transactions se font en cryptomonnaie.

Le Mobile Money, convenons-en, est plus pratique. On peut aller à n’importe quel kiosque et convertir nos unités en cash. Pour le Bitcoin ou le Simbcoin qui est votre propre monnaie, ce n’est pas encore ça !

Le Mobile Money n’a pas été conçu pour qu’on le retire en cash. Toute monnaie est d’abord virtuelle avant d’être physique. Voilà pourquoi à la banque, lorsque vous avez votre compte, on vous donnera un chéquier ou alors une carte de crédit ou de débit pour transformer ce qui est virtuel en physique. En réalité, le Mobile Money a été conçu pour dématérialiser l’argent.

Et dans les années qui arrivent, toutes les structures qui font du commerce vont accepter le Mobile Money. Nous sommes en Afrique et, puisque nous ne comprenons pas encore le principe, le Mobile Money a décidé de créer des kiosques pour transformer l’argent virtuel en physique. C’est la même chose avec les cryptomonnaie. Même en Occident, il faudrait qu’une banque accepte la cryptomonnaie pour pouvoir la transformer en cash.

En l’état actuel des choses, est-ce qu’il y a au Cameroun des banques qui acceptent le Bitcoin ?
Au Cameroun non, mais aux Etats-Unis oui. (Bank of America et Chase Bank), En Suisse, au Salvador, en Allemagne, au Portugal, à Dubaï où nous avons une entreprise, le Bitcoin fonctionne exactement comme si vous aviez des euros dans votre compte, que vous pouvez échanger de virtuel en physiquç, et vice-versa.

Le fait que la réglementation de la Cemac ne reconnaisse pas actuellement le Bitcoin dans son système financier constitue-t-il un retard ?
C’est un petit retard qui peut se comprendre e Bitcoin n’existe que depuis 12 ans. Donc, partit du Japon ça peut prendre un certain temps. Le Cemac est en train de comprendre puisqu’une réglementation en la matière est en préparation au sein des institutions communautaires. On ne peut pas réglementer ce qu’on ne comprend pas ; les autorités veulent d’abord comprendre comment ça fonctionne.

La Commission de surveillance du marché financier, il y a deux semaines ou deux, a annoncé qu’il y aura une réglementation sur les cryptomonnaies d’ici la fin d’année ou en janvier 2022. Avant le Nigeria, c’est le Portugal, le Salvador et plusieurs autres pays avant ont adopté la cryptomonnaie et l’ont réglementée. Nous sommes en Afrique, les États prennent du temps.

Pourquoi d’après vous la cryptomonnaie suscite autant de méfiance chez nous ? Il y a même une célèbre avocate au barreau au Cameroun qui a annoncé il y a quelques jours avoir déposé une plainte contre vous au Tribunal criminel spécial…
Comme je l’ai dit tantôt, c’est normal que la cryptomonnaie suscite de la méfiance parce que, c’est une activité nouvelle. Moi-même j’y suis depuis seulement six ans. J’ai commencé à investir dans les cryptomonnaies en 2015, et ce n’est qu’en 2016 que j’ai réellement compris ce que c’était après plusieurs formations.

C’est une activité comme toutes les autres, si vous n’êtes pas formés, si vous n’avez pas fait des recherches dessus, vous ne pouvez pas comprendre. Ces personnes qui déposent des plaintes contre moi ont-elles investi chez nous et n’ont pas perçu leur retour sur investissement ? Il faut aller leur poser cette question. Je ne les connais même pas et, physiquement, je suis sûr qu’elles aussi ne me connaissent pas. Jusqu’à ce que la Cemac réglemente le secteur, la cryptomonnaie va faire l’objet de méfiance.

Et même quand la réglementation sera là, il y en a qui ne vont pas s’arrimer puisque, jusqu’à ce jour, il y a des gens qui n’ont pas compris comment fonctionne le Mobile Money. Dans les années qui arrivent, tout sera dématérialisé. Nous sommes à l’ère de l’économie numérique, tout le monde gagnerait à comprendre ce que c’est avant de se lancer dans des imprécations. Le drame c’est que ceux qui dénigrent ne savent même pas ce que c’est.

Si Donald Trump possède une cryptomonnaie, moi Simb je suis qui pour ne pas le suivre ? Si le Paris Saint Germain a une cryptomonnaie, moi Simb je suis qui pour ne pas le suivre ? Il faut imiter le bon exemple, il faut imiter ce qui marche ailleurs. Ce n’est pas Simb qui a créé la cryptomonnaie, je ne fais qu’imiter ce qui marche chez les autres.

A Dubaï, j’ai une licence sur le Trading et l’achat des cryptomonnaies. Je reste au Cameroun parce que j’aurai voulu que qu’en Afrique, le Cameroun soit le premier pays à réglementer ce secteur. J’ai eu très honte quand récemment j’ai vu le Nigeria mettre sur pied son E-naira. Mais bon, je ne suis un politique, je ne suis pas décideur, je suis un simple citoyen qui se bat, qui apporte des idées nouvelles à son pays parce que je veux le voir évoluer.

Il y a plusieurs mois, un jeune promoteur dans le secteur des cryptomonnaies, M. Mebenga qui a créé Mekit Invest, a été arrêté pour n’avoir pas pu payer des investisseurs inscrits dans sa structure. Est-ce que les placements dans ce système ne sont pas aussi trop hasardeux ?
Je ne crois pas que ce dernier faisait dans la cryptomonnaie. Il faut bien fouiller, je sais de quoi je parle. Et c’est exactement ce genre d’arnaque que la règlementation va limiter.

Pour investir dans les cryptomonnaies, est-ce qu’il faut être millionnaire ?
Non. En 2015, j’ai commencé à investir dans le Bitcoin avec 200.000 Fcfa. Je rappelle que j’ai été enseignant vacataire dans un lycée pendant neuf ans, avec un salaire de 50.000 Fcfa. Nous sommes les premiers informaticiens à enseigner au Cameroun quand l’informatique a été introduite dans l’enseignement secondaire.

Et je peux vous assurer que dans quatre ou cinq ans, l’enseignement des cryptomonnaies va être intégré dans les programmes scolaires. En 2015, j’ai pris le risque d’investir dans les cryptomonnaies. Allez dans le site internet Www.coinmarket-cap.com, vous cherchez en 2016, vous allez voir la valeur de cette monnaie à l’époque. Elle ne valait presque rien. J’en ai acheté plusieurs pièces à une valeur de 0,01 Fcfa.

En 2017, ces monnaies ont pris beaucoup de valeur. Investir dans les cryptomonnaies c’est comme devenir actionnaire dans une entreprise. Il y a un établissement de microfinance au Cameroun, La Régionale, qui a lancé la vente de ses actions récemment II ne fallait pas forcément être millionnaire pour souscrit A 12000 ou 15000 Fcfa, vous pouviez acheter une part. Vous pensez que cette action, dans 15 ans, coûtera 12000 Fcfa ?

Non ! Acheter une cryptomonnaie c’est exactement comme acheter une action dans une entreprise. C’est de la spéculation. C’est comme acheter du terrain à 1000 Fcfa le mètre carré pour le revendre dans quelques années à 20.000 Fcfa. C’est la même chose dans la cryptomonnaie : vous achetez lorsque le prix est bas et vous attendez deux ans pour revendre lorsque la valeur a augmenté. Voilà ce qui va sortir l’Afrique de l’enclavement financier.

Quelle est la valeur du Simbcoin dont vous êtes le promoteur aujourd’hui ?
Les cryptomonnaies on les classe en fonction de leur capitalisation en bourse. La première c’est le Bitcoin qui, à lui seul, représente 56% de la cotation boursière de toute l’industrie. Celle-ci pèse aujourd’hui plus de 2,5 milliards de dollars. C’est la première cryptomonnaie, échangeable par toutes les autres.

Le Simbcoin a été créé en 2019 par moi-même parce que, dans cette industrie, il n’y avait que les Occidentaux et les Asiatiques. Est-ce à dire que nous les Africains nous ne connaissons rien à la finance ? J’ai étudié le système, je suis allé vers ceux qui le maîtrisent. En dehors de moi, il y a Akon qui a également créé sa cryptomonnaie.

Le Simbcoin repose sur un projet immobilier que j’ai baptisé Simb-City parce que chaque cryptomonnaie doit avoir derrière un projet qui la soutient. A l’heure où je vous parle un Simbcoin vaut dans 0,5 dollar. Il subit les fluctuations ; il y a des moments où il est à 1 dollar, à 0,7 et 08 dollar. Une cryptomonnaie ne peut pas être stable. Le jour où les cryptomonnaies deviendront stables, il n’y aura plus de business.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet immobilier sur lequel est adossé le Simbcoin ?
Comme je vous le disais tantôt, le Simbcoin est adossé sur un projet immobilier que j’ai baptisé SimbCity. Vous pouvez vous renseigner davantage sur le site Www.simbcity.net. Vous y verrez tout le projet. Sur YouTube, si vous tapez SimbCity Kribi, vous aurez toutes les informations. Le projet c’est de construire une ville ou si voulez une cité sur 40 hectares dans la ville de Kribi. Vous savez que c’est une cité balnéaire qui est désormais industrielle aussi avec le port et tout ce qui arrive. Nous avons pensé que dans 10 ou 15 ans, avec le nombre de personnes qui habiteront cette ville, il faudra des logements. Il faudra où les gens iront se reposer un week-end.

C’est un projet de 150 millions de dollars que nous comptons lancer d’ici l’année prochaine si Dieu voulant. Tout est mis en place. En dehors de ça, nous avons un autre projet ici à Yaoundé, SimbCity Bel Avenir, au quartier Nkoabang. C’est un projet sur 1 hectare de 22 villas en cours de construction à l’heure où je vous parle. Il sera livré d’ici juin 2022. Ces villas sont vendues en acceptant comme moyen de paiement le Simbcoin.

En dehors des cryptomonnaies, vous êtes actif dans l’immobilier et l’aéronautique. Quels sont vos autres business?
On dit généralement que le risque zéro n’existe pas. Mais pour ramener le risque à zéro, il faut diversifier ses investissements. J’ai eu la chance de connaître les cryptomonnaies il y a plusieurs années.

J’y ai investi, ça m’a donné ce que ça m’a donné et j’ai décidé de diversifier mes investissements. Nous avons encercle l’économie aujourd’hui. J’aime aller là où beaucoup d’Africains ne vont pas. Est-ce que vous connaissez beaucoup de Camerounais qui ont une marque de champagne ?

En dehors de Bernard Ntchuisseu Njandja qui a lancé au même moment que moi sa marque, il n’y en a pas. Nous avons une marque de champagne, «Odette Liyeplimal» qui veut dire la pauvreté est finie en langue bassa, qui est produite en France parce que la technologie ne permet pas encore qu’on puisse avoir des vignes ici au Cameroun. Nous buvions jusque-là toutes les grandes marques de champagne que vous connaissez, mais j’ai pensé qu’on pouvait avoir la nôtre qui sera bue par les Occidentaux et par tout le monde, mais qui porte un nom africain.

Il sera disponible au Cameroun d’ici décembre. Nous sommes également dans le transport aérien. J’ai une compagnie basée à Bangui avec trois aéronefs qui vont faire la sous-région parce, voyez-vous, pour aller au Gabon il fait prendre Asky, arriver à Lomé avant d’arriver à Libreville. Ce n’est pas normal ! Nous avons fait le vol inaugural au mois d’avril 2021 et nous lancerons les vols commerciaux d’ici le 1er décembre.

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