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General News of Friday, 1 December 2017

Source: jetcamer.com

Il n’ y a jamais eu un dialogue sincère - Me Felix Agbor Balla


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Ex-détenu dans le procès des leaders anglophones s’est constitué pour défendre ses codétenus. Il propose les solutions pour une sortie de la crise.

Qu’est-ce qui justifie votre présence aujourd’hui au tribunal militaire de Yaoundé ?

Je suis ici ce 30 novembre 2017 en tant qu’avocat, c’est pour défendre mes compatriotes détenus dans le cadre de la crise anglophone, enregistré dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest depuis plus d’un an. Je suis également venu soutenir moralement ces jeunes enfants détenus loin des membres de leurs familles respectives. J’étais avec eux en prison et je sais à quel point les conditions de détention dans nos prisons sont très déplorables. Depuis ma libération en août dernier, je n’avais pas encore eu l’occasion de venir les assister ici au tribunal car chaque fois qu’il y ‘avait une audience, j’étais hors du pays. Aujourd’hui, Je me suis dit qu’il fallait absolument que j’assiste à l’audience pour apporter tout mon soutien à ces jeunes frères. C’est un combat que nous avons commencé ensemble et nous allons continuer ce combat jusqu’au fond.

Est-ce que vous vous êtes déjà constitués dans ce dossier comme avocat de la défense?

J’ai déjà donné ma lettre de constitution au tribunal. Je défends tous ces jeunes qui sont encore en détention dans le cadre de cette affaire. Cela fait exactement deux mois que ma lettre constitution a été remise mais, la réalité c’est que j’assiste ce jour à la première audience et comme vous le voyez je suis assis avec les autres confrères qui défendent ces compatriotes restés en prison après ma libération. Mon souhait, comme celui de beaucoup des Camerounais est de voir ces jeunes retrouver leurs familles respectives.

Depuis votre sortie de prison où vivez- vous?

Je suis à Buea, je continue à me battre pour notre peuple, je continue à mener le plaidoyer sur le plan national et international pour le respect des droits de tous dans notre pays. Je me bats pour qu’on ait une justice équitable pour tous les Camerounais et que les pauvres ne soient pas oubliés dans nos prisons sans être jugés. Chaque jour, je réfléchis aussi sur les voix de sortie de cette crise qui menace notre vivre ensemble depuis un an. La réalité est que la crise actuelle ne profite à personne chaque Camerounais, a le devoir d’ouvrer pour la paix et c’est ce combat que je mène depuis ma libération.

Parlant de cette crise anglophone on assiste ces derniers jours à une certaine radicalisation avec notamment des assassinats de nos forces de l’ordre. Comment réagissez-vous face à une telle situation?

Je condamne fermement ces atrocités que nous enregistrons dans notre pays depuis des mois notamment avec les décès des populations civils enregistrés en octobre dernier et ceux de nos forces de défense. Je continue de dire que nous sommes capables d’éviter tout cela à travers un dialogue franc et sincère. C’est inacceptable que les Camerounais se tuent entre eux, qu’ils soient policiers, gendarmes ou civils. Face à ces atrocités l’urgence pour moi est de rassembler tous les Camerounais autour d’une table, afin que nous puissions tourner le dos à cette crise. Ce défi doit être le combat de tous les Camerounais.

Le gouvernement a initié un certain nombre de rencontres depuis des mois et des solutions ont été prises. Selon vous pourquoi ce dialogue n’a pas résolu le problème?

Il n’y a jamais eu de véritable dialogue depuis que cette crise anglophone a débuté. Je pense qu’il est temps que nos dirigeants comprennent que nous pouvons sortir de cette crise uniquement par un dialogue sincère. Il faut que ce dialogue se passe aussi avec les gens qui parlent de la sécession, il ne faut pas seulement que nos dirigeants se limitent à écouter les chefs traditionnels, les acteurs de la société civile ou les autorités politiques. Personne ne doit être mis de côté et j’ai peur que si la main n’est pas tendue à tous les Camerounais pour un dialogue inclusif notre pays risque de sombrer dans le chaos. Le gouvernement a pris des mesures corporatistes pour résoudre cette crise. Mais il est question maintenant que nos dirigeants aillent au-delà des mesures corporatistes.

On a parlé d’un incendie qui a été signalé dans votre domicilié à Buea il y a quelques semaines. Que s’est –il passé?

C’est la maison de mon feu papa qui avait été légèrement incendiée. Les inconnus sont venus mettre du feu mais les populations du village ont vite intervenu pour stopper ce feu qui n’a pas fait des lourds dégâts matériels.

Vous avez été libéré après sept mois passés en prison. Vous regrettez d’avoir été en prison ou bien êtes-vous rancuniers envers certaines personnes?

Je ne suis pas rancunier dans ma vie car je suis quelqu’un de très ouvert. En tant que chrétien, je dois vous dire que tout ce que Dieu fait est bon pour un être humain. Mon séjour en prison m’a aidé à réfléchir pour ma vie, mon pays. La prison m’a permis aussi d’apprendre certaines choses ; elle m’a aussi permis d’entrer en contact avec plusieurs personnalités nationales et internationales.

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