Actualités of Thursday, 27 August 2026
Source: www.camerounweb.com
Alain Stéphane K., 41 ans, a perdu la layette de ses jumeaux aux cartes le jour même de leur naissance. Le débrouillard, accro aux jeux de hasard, avait promis à sa compagne Rose, coiffeuse trentenaire, de bien accueillir leurs enfants. Mais vendredi dernier, alors que Rose était sur le point d'accoucher, il a tout misé : d'abord une bassine, puis l'ensemble de la layette. Il a tout perdu. Porté disparu depuis, il est injoignable. La grand-mère maternelle des nouveau-nés a dû appeler la gendarmerie, tandis que des habitants du quartier ont procédé à une « main levée » pour les jumeaux.
Alain Stéphane K., débrouillard de 41 ans, a tenté sa chance aux cartes vendredi dernier, espérant gagner de quoi bien accueillir les enfants que sa compagne mettait au monde le même jour. Il a perdu. La layette des jumeaux a été engloutie dans une affaire de « njambo » qui poussera la grand-mère maternelle des nouveau-nés à appeler la gendarmerie.
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Alain Stéphane K., 41 ans, vivant de jobs, est père de jumeaux mixtes depuis vendredi dernier. Mais il n'a vu ni la fille, ni le garçon, lui qui est porté disparu le jour même de leur naissance. Autre disparition, liée à l'évaporation de « Tagni », celle de la layette des enfants.
Selon les informations obtenues par CT, Alain Stéphane est en couple avec Rose, coiffeuse trentenaire, et les deux habitent Makèpè, dans l'arrondissement de Douala V. Enceinte des œuvres de son compagnon, Rose a financé ses visites prénatales. Le « gars » a payé pour l'échographie et un scanner. Le couple le savait donc : des jumeaux étaient en route.
La layette a été préparée en conséquence. Cela dit, Alain Stéphane est accro aux jeux de hasard. Le bonhomme joue régulièrement aux cartes dans un de ces Bépanda dont le complément de nom ne peut être mentionné ici. Jeudi matin, il revient du « Ter » (lieu où on joue aux cartes, selon le jargon du milieu) avec un gain de 50.000 F. Somme remise à Rose, qui est à terme. Le même jeudi en soirée, Alain Stéphane vient lui tourner autour, demandant 10.000 F de cet argent. Ce que la future parturiente refuse, connaissant le bonhomme.
Vendredi matin, sentant venir la perte des eaux, la jeune femme demande à sa sœur Régine de l'accompagner à l'hôpital – une formation sanitaire à Bepanda. Alain Stéphane est informé par téléphone. Revenu à la maison, le débrouillard se serait dit que c'était le bon moment de gagner gros. Afin d'accueillir ses bébés comme un boss. Mais pour jouer, il faut pouvoir miser. On suppose qu'il est reparti chercher l'ensemble de la layette des jumeaux, misé et perdue.
D'après ce que ses compagnons de jeu expliqueront à Régine, il a d'abord débarqué avec une bassine, l'a misée et perdue. Dans « chaleur » (autre expression du milieu traduisant l'attitude de celui qui, ayant perdu de l'argent, perd tous ses moyens et perd le contrôle), Alain Stéphane est reparti chercher l'ensemble de la layette des jumeaux. Il a tout misé, il a tout perdu.
Désormais « mis à l'aise » (encore une expression de « njambistes » : celui qui n'a plus rien à perdre s'affaisse dans une tranquille résignation, et peut devenir momentanément philosophe), le bonhomme est encore au jeu quand Régine l'appelle. « Rose a bien accouché ! Va dans la layette, tu prends (...) et tu apportes ». Le nouveau papa dit : « J'ai compris ». Mais là, il est maintenant « Onze devant onze » (comprenez : dans une impasse, sans solution). Alain Stéphane a alors disparu. Et demeure injoignable. L'histoire s'est propagée dans son quartier, quelques habitants ont procédé à une « main levée » pour les jumeaux.