Actualités of Monday, 18 May 2026

Source: L’indépendant n°1031

Hantavirus : la situation au Cameroun

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Une réunion stratégique de concertation consacrée à la préparation de la réponse à une éventuelle épidémie à Hantavirus, s’est tenue le 15 mai dernier à Yaoundé, pour passer une revue les stocks disponibles en consommables médicaux, équipements de protection individuelle, intrants de laboratoire et médicaments essentiels, pouvant être mobilisés en cas d’alerte.

Après le Coronavirus qui a bouleversé le monde entier, le nom du Hantavirus commence désormais à attirer l’attention et à raviver certaines inquiétudes. Même si cette maladie reste encore limitée et différente du Covid-19, son apparition dans l’actualité rappelle une vérité inquiétante : les populations du monde restent exposées aux menaces sanitaires permanentes.

En Afrique, où les systèmes de santé sont déjà fragilisés par le manque d’infrastructures, de personnel médical et de moyens financiers, une nouvelle crise sanitaire pourrait avoir des conséquences dramatiques. Les populations vivant dans des zones précaires, confrontées à l’insalubrité et à la prolifération des rongeurs, seraient particulièrement exposées.

Au Cameroun en particulier, cette menace devrait plus que jamais être prise au sérieux. On sait déjà que le pays peine à gérer plusieurs défis sanitaires au quotidien : hôpitaux sous-équipés, accès difficile aux soins, coût élevé des traitements et insuffisance de campagnes de prévention.

Si une maladie contagieuse venait à se propager dans un tel contexte, les conséquences sociales et économiques pourraient être lourdes pour les familles déjà fragilisées par la pauvreté. C’est sans doute dans ce cadre que le ministre de la Santé publique du Cameroun, Malachie Manaouda, a présidé le 15 mai 2026, au Centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique (CCOUSP), une réunion stratégique de concertation consacrée à la préparation de la réponse à une éventuelle épidémie à Hantavirus autour du Minsanté, des principaux responsables techniques du ministère, des experts de la surveillance épidémiologique ainsi que les partenaires impliqués dans la gestion des urgences sanitaires, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), venus évaluer le niveau de préparation du système sanitaire camerounais face à une possible menace épidémique.

Au cours des échanges, les participants ont procédé à une revue des stocks disponibles en consommables médicaux, équipements de protection individuelle, intrants de laboratoire et médicaments essentiels pouvant être mobilisés en cas d’alerte. La disponibilité des ressources humaines a également été passée au peigne fin, par le Directeur de la lutte contre les maladies et les épidémies.

Les capacités des équipes de surveillance, des personnels de laboratoire, des cliniciens ainsi que des équipes d’intervention rapide déployables sur le terrain, ont notamment été évaluées. Il est question d’anticiper toute éventuelle propagation du virus et de garantir une réponse rapide, coordonnée et efficace. Le patron de la Santé publique a insisté sur la nécessité d’une vigilance permanente face aux menaces sanitaires émergentes.

Malachie Manaouda a rappelé que l’anticipation demeure l’un des piliers majeurs d’une riposte efficace aux épidémies. C'est pourquoi certaines recommandations ont été formulées, pour être prêt à temps.

Il s'agit notamment d'élaborer les procédures pour l'acquisition des équipements ; trouver un local de secours dans les villes de Douala et Yaoundé pour l'isolement et la réanimation ; faire une évaluation des centrales d'oxygène sur toute l'étendue du territoire national, pour avoir une idée réelle du besoin, et enfin préparer une réunion avec le ministère des transports, les directeurs généraux des hôpitaux de Yaoundé et Douala, les DG des PAD et PAK, ainsi que l'OMS.

Dans la foulée, le membre du gouvernement a invité les différents acteurs à renforcer la coordination intersectorielle, la remontée rapide des alertes ainsi que la communication sur les risques auprès des populations.