Actualités of Monday, 31 August 2026
Source: L’Indépendant n°1059
La transmission des nouveaux textes du parti issus de sa Convention extraordinaire du 21 décembre 2025, tenue en visioconférence, divise Paul Atanga Nji et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Dans une lettre signée le 19 août 2026, le patron de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, indique ne pas pouvoir donner une suite favorable à la démarche du parti.
Le Minat fonde sa position sur le non-respect de l’obligation de déclaration préalable prévue par l’article 3 alinéa 2 de la loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 portant régime des réunions et manifestations publiques. Cette disposition est invoquée pour contester la prise en compte des délibérations issues de la convention extraordinaire du MRC, organisée le 21 décembre 2025.
Le directoire du MRC, dans un courrier adressé le 28 août 2026 au Minat, conteste la lecture juridique faite par Atanga Nji et répond point par point aux arguments avancés. Le parti soutient dans un premier temps que son courrier du 5 janvier 2026 n’était pas une demande d’autorisation, mais une simple transmission de documents statutaires, notamment les nouveaux statuts, le règlement intérieur ainsi que les résultats de l’élection de son bureau.
Le MRC revient ensuite sur les circonstances particulières de sa convention extraordinaire. Celle-ci s’est tenue à distance, par visioconférence, le 21 décembre 2025, après l’interdiction administrative de la réunion physique et le verrouillage de son siège par les forces de l’ordre en novembre 2025. Sur le plan juridique, le MRC estime que l’obligation de déclaration préalable prévue par la loi n°90/055 ne peut être appliquée à une réunion organisée exclusivement en ligne.
La formation politique s’appuie notamment sur l’article 4 alinéa 1 de cette loi, qui prévoit que la déclaration doit être effectuée auprès du sous-préfet du territoire où la réunion est prévue. Or, d’après le raisonnement développé par le directoire, une visioconférence ne se déroule pas dans un lieu physique déterminé et ne possède donc pas d’ancrage territorial permettant d’identifier l’autorité administrative compétente pour recevoir une telle déclaration.
Le MRC relève également que le patron de l’Administration territoriale ne remettrait pas en cause, dans sa correspondance, le principe même du recours à la visioconférence ni la validité interne des résolutions adoptées lors de cette Convention extraordinaire. Le MRC s’est également penché sur le choix du fondement juridique retenu par le Minat.
À ce sujet, le parti estime que le ministère s’est appuyé sur la loi n°90/055 relative aux réunions et manifestations publiques, alors qu’une autre loi, la loi n°90/056 du 19 décembre 1990, encadre spécifiquement les partis politiques au Cameroun. À en croire le directoire du MRC, cette distinction est déterminante dans l’appréciation de la situation. Le parti demande ainsi que sa démarche soit examinée au regard du régime juridique applicable aux formations politiques plutôt que sous l’angle d’une réunion publique physique.