Actualités of Friday, 9 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Gado, le retour volontaire ne peut pas effacer la question des moyens de vivre

Le débat sur le retour vers la Centrafrique ne doit pas masquer une évidence : toute décision durable suppose sécurité, information et moyens de subsistance.
Le profil de vulnérabilité du site de Gado, daté de septembre et mis en ligne le 8 octobre par le HCR, renouvelle la lecture d’un lieu central dans l’accueil des réfugiés centrafricains à l’Est du Cameroun. Il paraît au moment où Yaoundé, Bangui et le HCR ont relancé le cadre opérationnel des rapatriements volontaires.

Le retour n’est durable que s’il est libre, informé et sûr. Les familles doivent connaître la situation dans leur zone d’origine, les conditions de transport, l’accès aux documents et les possibilités de réintégration. Celles qui ne souhaitent pas repartir ont besoin d’une perspective tout aussi claire au Cameroun : travail, école, santé et liberté de mouvement dans le respect de la loi.

Gado montre aussi l’importance des économies locales. Les échanges avec les communautés hôtes, l’agriculture, les petits commerces et les services créent des interdépendances qui résistent aux catégories administratives. Soutenir uniquement le camp, sans renforcer les communes environnantes, nourrit la compétition pour l’eau, les terres et les infrastructures.

Le profil doit donc servir à arbitrer entre assistance immédiate et investissements durables. Un tableau public des projets, des bénéficiaires et de leur financement permettrait de suivre si les engagements de résilience se traduisent réellement dans la vie quotidienne.