Actualités of Friday, 5 June 2026

Source: www.camerounweb.com

GUERRE DE SUCCESSION : Le gros scandale qui risque de faire tomber Franck Biya

Ce sont des accusations de pillage des forêts  depuis les années 1990 et 2000 Ce sont des accusations de pillage des forêts depuis les années 1990 et 2000

Dans une tribune relayée par plusieurs médias, Me Raymond Chiya Zok prend la défense de Franck Biya face aux accusations récurrentes de pillage des forêts camerounaises. Il affirme que les activités de l’entreprise Ingénierie Forestière, dirigée par Franck Biya par le passé, ont toujours respecté la législation en vigueur et souligne qu’aucune enquête ou accusation n’a conduit à une condamnation judiciaire. Cette prise de position intervient dans un contexte où le nom de Franck Biya est régulièrement évoqué dans les débats sur une éventuelle succession politique au Cameroun, faisant du dossier forestier un enjeu à la fois médiatique et politique.


Le débat politique camerounais se déplace à nouveau sur le terrain de la gouvernance environnementale. Dans une tribune largement relayée par les médias nationaux, Maître Raymond Chiya Zok, avocat et acteur de la société civile, est monté au créneau. Son objectif : laver le nom de Franck Biya des accusations de « pillage des forêts » qui lui collent à la peau depuis les années 1990 et 2000.

Pour le juriste, les attaques visant le fils du président de la République sont « spéciales et diffamatoires ». Il soutient que l’opérateur économique a toujours exercé ses activités professionnelles en stricte conformité avec le code forestier et la législation fiscale camerounaise. L'avocat déplore un débat public déconnecté des faits, orchestré par des « pourfendeurs » à des fins de positionnement politique.

Pour comprendre la virulence de cette controverse, il faut remonter aux années fastes de l'exploitation forestière au Cameroun. Franck Biya a longtemps été le principal dirigeant de la société Ingénierie Forestière (IngF), une entreprise majeure du secteur forestier, dont les actifs ont finalement été liquidés et vendus aux enchères en 2017.

Durant ses années d'activité, Ingénierie Forestière s'est retrouvée au cœur de plusieurs rapports critiques d’ONG environnementales nationales et internationales, telles que Greenpeace. Ces organisations dénonçaient régulièrement les conditions d'attribution et de gestion de vastes concessions forestières de plus de 120 000 hectares. Pour les détracteurs du régime, ces volumes de coupe vertigineux n'étaient rendus possibles que par des passe-droits liés au statut familial de l'homme d'affaires.

Cependant, sur le plan strictement légal, le camp de Franck Biya dispose d'un argument de poids : aucune de ces enquêtes citoyennes ou journalistiques n'a jamais débouché sur une condamnation judiciaire pour fraude ou pillage des ressources naturelles.

Pourquoi cette mise au point juridique intervient-elle maintenant ? Pour les observateurs de la scène politique camerounaise, le timing n'a rien d'un hasard. Bien que Franck Biya n'ait pas officiellement déclaré d'ambitions présidentielles, son nom est systématiquement associé aux scénarios de succession au sommet de l'État, notamment à travers la multiplication des mouvements dits « franckistes ».

Dans cette course de fond pour la crédibilité, l'image publique est une arme cruciale. Pour les partisans du statu quo, il est indispensable de nettoyer le bilan de leur champion potentiel des « casseroles » écologiques du passé. À l'inverse, pour l'opposition, le dossier forestier reste un angle d'attaque privilégié pour dénoncer les dérives de l'économie de rente.

En l'absence de toute procédure judiciaire pendante, la sortie de Maître Raymond Chiya Zok rappelle que le dossier forestier de Franck Biya reste un objet purement politique. À l'approche des grandes échéances électorales, la bataille pour le contrôle du récit national ne fait que commencer.

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